repères, Il y a des valeurs........

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Vœux du Président du Faso /Des promesses comme en campagne électorale

Vœux du Président du Faso

Des promesses comme en campagne électorale

 

Le Président Blaise Compaoré s’est adressé deux fois aux Burkinabè en l’espace de vingt jours : le 11 décembre et le 31 décembre. Un exercice périlleux pour celui qui se charge de la rédaction afin que les discours ne soient pas redondants. La longueur du texte et la pauvreté du contenu du discours de la fin de l’année pourraient s’expliquer par cet état de faits. D’aucuns trouvent que c’est parce que le Président Compaoré n’avait pas grande chose à dire à ses concitoyens. Néanmoins, il a peint la situation sociale, politique et économique du Burkina en une année : 2007.

 

Le Président Blaise Compaoré a choisi d’être optimiste, positif et prospectif. En effet, il a énuméré les acquis, défini les paris ou les défis et a fait des promesses. L’ancien révolutionnaire ne s’est pas donné  la peine de l’autocritique de son régime. Point de mots qui parlent des maux et préoccupations des Burkinabè.

 

Un discours très pauvre et court

 Dans la forme, le discours du Président n’a répondu pas à un classique qui voulait toute analyse part de la situation internationale pour aboutir à la situation nationale en transitant par celle africaine. En effet, il n’a pas eu de pensée pour l’international sauf pour dire : « un contexte international contraignant ». Il a abordé la vie politique nationale avant de flirter la situation africaine en n’évoquant que le rôle du Burkina dans le concert des nations africaines et du monde : Action pour l’intégration africaine, la solidarité par l’aide au retour de la paix et le maintien de la paix en Afrique et ailleurs et l’élection du Burkina comme membre non permanent du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Dans le fond, tout observateur de la scène politique nationale aurait pu donner les grandes lignes du discours du Président exceptées les promesses qui ont été faites.

 

La récitation du régime

Il s’agit de la situation économique, le Président Compaoré n’est pas assez prolixe : « malgré un contexte international contraignant, notre pays reste confiant grâce à une production économique inscrite sur une trajectoire de croissance avec d’importants progrès réalisés en matière de d’éducation et de santé ». Le 31 décembre 2005, le Président Blaise Compaoré annonçait dans son discours une croissance de 7,5 %. Lors de son discours à la Nation le 29 mars 2006, l’ancien premier ministre Paramanga Ernest Yonli avait annoncé un taux de croissance de 6,4% pour 2006. Quelle devrait être la croissance de cette année pour que le Président du Faso parle de trajectoire de croissance? Serait-elle ascendante ou descendante ?

Nous l’attendions sur les retombées de la célébration de la fête de l’indépendance : « a donné à notre peuple l’occasion de renouveler sa fidélité aux idéaux et aux valeurs caractérisant l’identité burkinabè faite de courage et d’ardeur au travail ».

Sur le dialogue social, il a rendu hommage aux acteurs : « le sens d’écoute et de dialogue de l’ensemble des acteurs politiques et sociaux, a contribué au renforcement de la paix sociale ». Aussi a-t-il fait cas de la solidité des institutions républicaines et la mise en place des conseils régionaux qui selon lui: « ont confirmé la consolidation de l’Etat de droit ».

La question de la femme a été abordée en termes de félicitations des femmes maires et d’engagement dans la poursuite des actions en faveur de l’amélioration du statut de la femme. Quand à la jeunesse, le Président Compaoré a promis l’adoption des politiques nationales de l’emploi et de la jeunesse en 2008. Une invite a été faite aux jeunes à s’approprier le programme de volontariat national.

 

Son modèle de société

Le président Compaoré a parlé de son choix obstiné pour : «  l’édification de d’une société de responsabilité, d’espérance et de solidarité qui garantisse la justice sociale, l’égalité des chances et le bonheur partagé ». Il a définit l’Etat et son rôle : « Seul un Etat de qualité, capable et respecté peut assurer un environnement sécurisé indispensable à une gestion performante de nos économies et à la réalisation des infrastructures de base souhaitées ». Il veut d’un modèle de société basé sur la construction d’un système de gouvernance efficace et concertée ; la responsabilisation citoyenne ; l’élévation de la qualité de nos ressources ; une administration moderne, rigoureuse, transparente et efficace ; la juste sanction des manquements.

Un tel discours qui vient deux mois après la tenue du septième forum sur la gouvernance en Afrique  sous le thème : « renforcer la capacité de l’Etat » montre que les conclusions dudit forum pourraient faire école au Burkina pourvu que le Président Compaoré ne s’arrête pas seulement au discours mais passe aux vrais actes de la bonne gouvernance.

 

Les promesses électoralistes ont-elles commencé ?

Nous savons que nous sommes à plus de deux ans de l’élection présidentielle, les promesses du Président du Faso nous donnent l’impression de la proximité de la période. Aussi serons-nous bien à l’aise dans un discours à la nation du Premier ministre Tertius Zongo. Ces promesses ont trait au renforcement des capacités opérationnelles du Programme Saaga et des stations de recherche. Nous avons l’impression que le Programme Saaga ne donne pas satisfaction près d’une décennie d’existence. Cette année, les pluies ont été insuffisantes ce qui a entraîné un déficit céréalier dans 15 provinces. Peut-on comprendre ce paradoxe avec l’existence de ce programme ? Des sommes ont été déjà englouties dans ce « machin ». Combien faudra-t-il encore pour le renforcement de ses capacités opérationnelles? Nous avons pensé que l’expertise du Burkina à la matière était devenue incontestable à telle enseigne que le gouvernement avait proposé de l’exporter dans d’autres pays du sahel.

Des promesses sont faites en matière de construction d’infrastructures scolaires, universitaires et agricoles : 50 barrages, 3000 salles de classes, des collèges, des lycées et des amphithéâtres. Le capital humain sera renforcé par le recrutement de 3000 instituteurs et la formation d’animateurs communautaires et la poursuite de dotation gratuite de fournitures scolaires.

En matière économique, le Président Compaoré a été très vague : « les réformes entreprises auront un impact évident sur l’environnement des affaires, la promotion de l’investissement et sur un contrôle plus accru de la fraude et de la corruption. Notre politique d’investissements stratégiques dans des infrastructures énergétiques, aéroportuaires et routières sera poursuivie avec vigueur ».

Sans les énumérer, nous comprenons que les échangeurs et le nouvel aéroport font partie de son vaste chantier qu’il aime qualifié de « défis de notre temps ». Encore faut-il que ces infrastructures aient un impact palpable sur les conditions de vie des Burkinabè. C’est là où le choix des priorités fait défaut. Malgré tous ces acquis comptés, le Burkina est classé avant dernier dans le classement du PNUD. Ce n’est pas un classement de l’opposition mais d’un partenaire crédible du Burkina.

Nabi Youssfou



05/01/2008
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