repères, Il y a des valeurs........

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Le Président du Faso ne croit pas au destin

BLAISE COMPAORE

Le Président du Faso ne croit pas au destin

 

Nous ne sommes pas l'auteur de cette affirmation. Le Président du Faso a dit qu'il ne croyait pas au destin dans un livre que Luc Adolphe Tiao (LAT) aujourd'hui ambassadeur du Burkina Faso près de la Republique française lui a consacré : « Blaise Compaoré, Entretiens ». Ces entretiens ont eu lieu entre le 6 et le 13 septembre 1991 dans la ferveur de l'élection présidentielle du 1er décembre 1991. Ces entretiens ont permis à l'auteur d'arracher des propos dignes d'intérêt au « camarade Président ». A l'occasion du 21ème anniversaire de l'accession de Blaise Compaoré au pouvoir, rappelons pour vous certaines parties des entretiens.

 

Le premier propos digne d'intérêt est celui qui fait l'objet du titre de notre article. L'auteur du livre a certainement été marqué par le même propos. Dans l'introduction de son livre, Luc Adolphe Tiao écrit :« Blaise Compaoré ne croit pas au destin. Mais comme par hasard, l'histoire le plonge au cœur des grandes mutations politiques au Burkina Faso. Le 17 mai 1983 par une action téméraire militaire soutenue par des convictions politiques, il se retrouve au cœur de la tourmente révolutionnaire qui marquera à jamais l'histoire de notre pays ». Quelle peut-être notre compréhension de ce propos dans une société burkinabè croyante ?

Selon le petit Larousse, le destin est : « la loi supérieure qui semble mener le cours des évènements vers une certaine fin. Fatalité. L'existence humaine, en tant qu'elle semble prédéterminée ».

Pour Mencius, penseur chinois, continuateur de l'œuvre de Confucius : « Ce qui arrive sans qu'on l'ait fait venir, c'est le destin ».

La notion de destin est très usitée par les religieux. Les religions révélées disent que le destin de l'Homme est du ressort de Dieu. Ne croient pas à ce précepte que les non croyants. Le président Blaise Compaoré serait-il un non croyant ?

Sa perception du destin a-t-elle évolué en 17 ans ? Si tel n'est pas le cas, le Burkina Faso « Pays des hommes intègres » est dirigé depuis 21 ans par un président qui ne croit pas au destin.

Cette façon de voir a pu d'une manière ou d'une autre influencer sa gestion du pouvoir.

Les explications que le Président Blaise Compaoré donne du « cours de sa vie et du Burkina » mettent en exergue le fait qu'il est l'artisan de ce qu'il est. Il a su faire de bons choix aux bons moments pour y arriver.

Au même moment, son Premier ministre qui est un fervent chrétien parlera forcément de destin. Il dira peut-être que c'est Dieu qui a illuminé Blaise.

Quel contenu donne-t-il au destin quand on les entend dire : «Nous avons en charge le destin de nos peuples, nous conduisons le destin.. » ? Si lui-même ne croit pas au destin, comment le destin du peuple peut-il exister ? Comment peut-il avoir en charge ce destin ?

Le deuxième centre d'intérêt est sa déclaration de ne pas avoir de compte à l'étranger. C'était il y a 17 ans. Le président Blaise Compaoré peut-il encore jurer la même chose en 2OO8 ? Il n'y a pas longtemps, un journal français avait fait savoir que le Président Blaise Compaoré possédait un appartement en France. Il a lui-même dit en 1991 qu'il n'avait pas de maison. Des chefs d'Etat ont non seulement de l'immobilier, mais aussi de l'argent en Europe.

 

Nabi Youssfou

 

Dans les parties choisies, le président Blaise Compaoré parle de destin, de croyance, d'argent, du 15 octobre, etc.

 

Luc Adolphe Tiao : Camarade président, croyez-vous au destin ?

 

Blaise Compaoré : Non. Dans la société, l'homme a des tâches qui s'inscrivent dans un ensemble de règles sociales en matière de vertus, de morale et de devoirs. En fonction de son comportement, de ses convictions et de son engagement, il récolte de bons ou de mauvais résultats.

 

L.A.T : Je pose la question parce qu'il y a une quinzaine d'années vous étiez un jeune lieutenant, et quelques années auparavant un jeune élève au collège à Fada puis à l'Ecole normale de Ouagadougou. Aujourd'hui vous êtes Président. Cela était-il tracé dans votre carrière ?

 

Blaise Compaoré : Il y a la combinaison de plusieurs facteurs. Prenons le cas du 17 mai 1983 à partir duquel j'ai joué un rôle dans l'histoire de notre pays. Il y avait deux attitudes possibles : on adoptait un comportement soit politique soit militaire. Tout cela est donné à l'homme que j'étais de choisir. J'ai décidé de choisir une attitude politique face à la situation. Si j'avais obéi à la logique militaire, c'est-à-dire à mes chefs hiérarchiques en déposant les armes, le cours de ma vie et peut-être celui du pays se seraient passés autrement.

 

L.A.T: Etes-vous croyant ? Votre épouse va souvent à la messe. Vous rarement.

 

Blaise Compaoré : La foi c'est du domaine privé.

 

L.A.T : Mais ça intéresse le public.

 

Blaise Compaoré : (Rires). Est-ce qu'il y a des Africains qui ne sont pas croyants ?

 

L.A.T : Est-ce que vous priez ?

 

Blaise Compaoré : Je lis la Bible de temps en temps.

 

L.A.T : Quelles sont les valeurs auxquelles vous accordez le plus d'importance dans la vie ?

 

Blaise Compaoré : Le travail. Tout se ramène au travail. Je me préoccupe beaucoup de ce que je dois faire et des tâches qui incombent aux autres.

 

L.A.T : Est-ce que l'on peut être Chef d'Etat et avoir de vrais amis ?

 

Blaise Compaoré : Oui. Le plus souvent ce sont des gens avec qui vous parlez peu de politique.

 

L.A.T : Un président burkinabè en fonction est-il un millionnaire ?

 

Blaise Compaoré: Je ne crois pas. Il ne doit compter que sur son salaire. Mais de par ses fonctions, il peut bénéficier parfois d'aides de la part de ses amis. Il est difficile au Chef d'Etat burkinabè que je suis d'épargner de l'argent. La preuve, jusqu'aujourd'hui je n'ai pu encore ni me construire une maison ni m'acheter une voiture personnelle.

 

L.A.T : Pouvez-vous jurer de n'avoir pas un compte à l'extérieur ?

 

BC : Je n'y ai jamais pensé, de toute façon vous l'auriez su car mes détracteurs n'auraient pas manqué de le porter à la connaissance des gens. Non je n'ai pas de compte à l'étranger et je n'en veux pas.

 

L.A.T : Les évènements du 15 octobre ont surpris la base. La crise ne pouvait-elle pas être dénouée autrement ?

 

B C : Le problème fondamental, c'était l'inexistence d'une structure adéquate pour régler les problèmes de la direction. Il n'y a jamais eu de débats francs sur nos insuffisances. On accumulait les insuffisances et les problèmes. La grogne montait.

 

L.A.T : N'était-ce pas un dialogue de sourds ?

 

Blaise Compaoré : Il n'y avait plus de dialogue. Nous sommes arrivés à une situation où Thomas Sankara refusait la moindre critique de son autorité. Une issue de la crise était incertaine, d'autant plus que les autorités avaient commencé à s'appuyer sur l'armée. Vous vous souvenez qu'au début du mois d'octobre 1987, on a interdit aux militaires de militer ailleurs qu'à l'OMR (Organisation Militaire Révolutionnaire). Les militaires étant ce qu'ils sont, ils n'ont pas pu dénouer autrement cette crise.

 Retranscription N.Y

 



20/10/2008
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