repères, Il y a des valeurs........

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TOTAL- Burkina/Le plus grand malaise social de son histoire

TOTAL- Burkina

Le plus grand malaise social de son histoire.

 

Nous sommes au troisième article qui aborde de la crise qui prévaut à Total- Burkina. La semaine dernière, les deux protagonistes ont organisé chacun une conférence de presse. C’était pour la direction générale de Total-Burkina, la première fois de s’exprimer devant les journalistes. L’un des responsables, Vincent Ouédraogo, a reconnu que la direction générale n’avait pas réellement communiqué dans cette crise. Visiblement le but de cette conférence de presse de Total-Burkina était de donner son point de vue sur la situation. Mais pas seulement. Il s’agissait aussi d’exposer les bienfaits et les bonnes oeuvres de la société.

 

Dans sa déclaration liminaire, le Directeur général par intérim  Thibault Flichy reconnaîtra d’emblée que : « La société  Total-Burkina traverse aujourd’hui le plus grand malaise social de son histoire ». Nous lui empruntons ce constat pour en faire notre titre. Ces derniers temps, la situation s’est envenimée avec le licenciement du porte-parole des délégués du personnel, Yacouba Ouédraogo le 23 avril dernier. Les travailleurs sont en grève illimitée depuis le 24 avril pour réclamer la réintégration de leur camarade et l’examen sérieux de leurs revendications. Au moment où nous bouclons ces lignes, aucune lueur d’espoir quant à la fin du malaise, n’était perceptible. La position du DG par intérim était même « tout sauf le retour du délégué licencié ».

 

Les Français ne veulent pas lâcher prise

Le directeur général par intérim a estimé que : « Depuis le 24 avril, un grand nombre de nos employés observe sans préavis, grève tout aussi illégale et donc en situation d’abandon de poste ». Après le sit-in jugé illégal, les travailleurs sont à leur deuxième acte illégal.

Selon Monsieur Thibault Flichy, « Cette grève est profondément regrettable, car la Direction Générale pense vraiment que le futur ne peut être envisagé que dans le dialogue et le respect de la légalité. Dans un Etat de droit comme le Burkina Faso, il nous semble primordial que toutes les actions revendicatives quelles qu’elles soient s’inscrivent dans le cadre de la loi. Afin de trouver une issue à ces difficultés, nous avons proposé de rencontrer les délégués du personnel sous la tutelle du ministère du travail. Mais afin de pouvoir dialoguer dans la sérénité, nous avons également demandé la reprise du travail à tous nos collaborateurs, car nous ne pouvons pas concevoir une négociation tant que le personnel sera en arrête illégal de travail. De plus, il semble totalement impossible de discuter dans ce climat de pression ».

Au cours de la conférence de presse, toutes les questions relatives à la réintégration du délégué licencié ont reçu la même réponse: « Nous considérons qu’il a sciemment désinformé le personnel sur le caractère manifestement illégal de l’arrêt de travail, et orchestré l’ensemble du sit-in. De plus, lors de ces faits, le délégué principal a tenu des propos mensongers à l’égard de la société dans la presse, dégradant fortement notre image ».

Avec une émotion qu’on pouvait lire, le DG Flichy a lu certains passages dans l’Observateur Paalga pour étayer les reproches faits à Yacouba Ouédraogo. En effet, le délégué aurait dit que : « les salaires à Total-Burkina n’ont pas évolué depuis plus de quinze ans. Pourtant, une augmentation de 16% a eu lieu en Octobre 2008 et janvier 2009. Une chose est de dire que ce qui fait est insuffisant, dire que rien n’est fait est une autre chose». En plus, il aurait dit qu’ « il n’y a pas de procédures de gestion à Total-Burkina et que la société est gérée comme une entreprise familiale ». Monsieur Flichy dit ne pas comprendre qu’un de leurs puisse dire cela d’une grande société comme Total.

La direction générale de Total en veut énormément à Yacouba Ouédraogo aujourd’hui. Et cela se constate aisément. Ouédraogo  a été licencié alors que des mesures exceptionnelles d’indulgence ont été décidées pour les 5 autres délégués. Le 23 avril dernier, avant le licenciement de Ouédraogo, le PCA de TOTAL, Stanislas Mittelman lui avait demandé de choisir entre son licenciement et sa démission de la délégation du personnel. Pas question pour les travailleurs qui estiment que : « leur direction générale veut des moutons pour gérer. Sinon comment pense-t-elle qu’en licenciant notre porte-parole, nous allons continuer à travailler comme s’il n’y avait rien eu. Comme si Yacouba Ouédraogo avait fait sit-in pour sa famille. Si nous laissons passer cela. Elle nous dira un jour de demander la permission pour aller dans les toilettes ».

De l’avis des délégués des travailleurs, cette crise est perçue par les responsables de Total-Burkina comme un crime de lèse majesté. « Dans l’histoire de TOTAL-Burkina, il n’y avait jamais eu une organisation et mobilisation pareilles pour poser les problèmes que rencontrent les travailleurs. Le porte-parole (NDLR :Ouédraogo) a été un acteur principal dans ce changement à TOTAL-Burkina », reconnaissent les travailleurs de la multinationale .

C’est visiblement une situation que la direction générale de Total ne semble pas avoir digéré. Elle dit être disposée au dialogue et ouverte à toutes améliorations des conditions de vie et de travail mais le cas du délégué licencié n’est pas négociable. Par conséquent, le bras fer continue puisque les travailleurs disent qu’ils ne retourneront pas à leurs postes sans leur camarade licencié.

La direction générale a reconnu que la crise engendre des pertes pour TOTAL-Burkina. Elle entend continuer à honorer ses engagements vis-à-vis de ses clients par tous les moyens.

En somme, la conférence de presse de la direction générale de TOTAL-Burkina nous a permis de constater qu’elle n’est pas prête à lâcher du lest. Nous sommes tentés de nous demander, sur quoi est fondée cette intransigeance ? Un délégué de nous dire que « Total-Burkina a tapé en haut lieu ». Ils l’auraient perçu quand ils sont allés en conciliation. C’est le  ministère qui aurait donné les arguments de l’illégalité du sit-in avant de dire que la prérogative de sanction revient à la direction de Total. Est-ce que dans une telle situation, il n’aurait pas fallu déjà à cette étape voir dans quelle mesure chercher apaiser les choses ? L’huile a été mise sur le feu.

Les travailleurs ne seront pas, ni au premier licenciement, ni au dernier licenciement de délégués syndicaux dans de sociétés détenues par les français. Tout se fait sous la barbe et le nez de nos chères autorités.

Nabi Youssfou

 

 

 

 

 

 



04/05/2009
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