repères, Il y a des valeurs........

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De votre « tchatche », le régime s’en moque

Opposants burkinabè

De votre « tchatche », le régime s’en moque

Nous avons fait échos dans notre dernière parution des prises de position de partis politiques et d’organisations de la société civile dans le débat sur la modification de l’article 37. Le 23 janvier dernier, le Cadre de concertation des partis politiques de l’opposition (CPO) a au cours d’une conférence de presse dénoncé la révision constitutionnelle en vue. C’est une position à comptabiliser dans le camp de ceux qui refusent la modification de l’article 37. Les premiers responsables du CPO ont promis la « lutte traditionnelle » ou le combat avec le régime. Comment entendent-ils empêcher le régime de le faire ? Là est la question fondamentale. Les opposants sont-ils encore dans leur coutume du « tchatche » dans la presse ?

 

Il y a des menaces qui, lorsqu’elles viennent de certains milieux, peuvent paraître sérieuses pour le régime. Quand les étudiants et les militaires menacent, on sait qu’il y aurait « gban gban ». D’autres non. Il est certain que le Président Blaise Compaoré et les dignitaires du régime se marrent quand ils entendent certaines déclarations de leurs adversaires. Ils les prennent tout simplement pour des paroles en l’air. Et ceux qui les profèrent pour des plaisantins. C’est tout comme l’adage de chez nous dit : « ils ne peuvent pas tomber et casser la moindre calebasse ». Ce n’est pas sous-estimer les opposants. Les « si jamais », « si le régime touche à l’article 37, nous allons nous rentrer dedans », les Burkinabè connaissent cette rhétorique. Si nous disons qu’ils ne feront rien, ils nous en voudront de ne pas les encourager. Croisons les doigts et disons en attendant le réveil des Burkinabè….

 

 

Blaise Compaoré a déjà fait et il n’y a rien eu

Au début du processus démocratique 90-91, la Coordination des Forces Démocratiques (CFD) regroupant les partis de l’opposition avait réclamé une conférence nationale souveraine. Le régime Compaoré n’a pas accédé à cette revendication. Le 1er décembre 1991 une élection présidentielle a été organisée où le candidat Blaise Compaoré était l’unique candidat. Personne ne l’a empêché. Certains opposants avaient le vent en poupe et jouissaient d’une certaine crédibilité aux yeux de leurs concitoyens. Sorti vainqueur de cette présidentielle, le Président Blaise Compaoré a proposé un forum de réconciliation. La cérémonie d’ouverture a eu lieu mais le forum n’a pas pu continuer. Il n’y a rien eu. Certains opposants n’ont pas hésité à rejoindre les gouvernements de transition et d’ouverture que le régime leur proposait. Ils refusaient de mener le vrai combat pour l’instauration d’une démocratie véritable. A partir de ce moment, le régime Compaoré a pris tout sous son contrôle, faussant ainsi le fondement d’une vraie démocratie. C’est le faux départ qui nous coûte.

En février 1997, à vingt mois de la fin du premier septennat, le régime Compaoré a pensé déjà à sa pérennisation en modifiant l’article 37. Il n’y a rien eu sur le plan de la réaction à cet acte.

En décembre 1998 avec le drame de Sapouy, les jours du régime Compaoré étaient comptés. Il a eu son salut grâce aux habitués des gouvernements d’ouverture.

En 2004, le régime Compaoré a décidé de modifier le Code électoral qui faisait l’objet de consensus aux législatives de 2002. L’opposition a réagi tout simplement par une marche de députés au Premier ministère. Paramanga Ernest Yonli avait refusé de les recevoir. Et plus rien.

En 2005, un débat s’est engagé sur la légalité de la candidature de Blaise Compaoré. On est resté au stade du débat juridique.

Les opposants, en « bons républicains », ont entamé une procédure au Conseil Constitutionnel qui s’est avérée infructueuse. Malgré tout, les candidats de l’opposition ont accompagné royalement « le candidat illégal » à l’élection présidentielle. Hermann Yaméogo seul n’y avait pas pris part.

En 2009, l’Assemblée nationale a procédé à des réformes politiques et institutionnelles. Selon certaines critiques de l’opposition, elles n’ont pas pris en compte leurs revendications. Il n’y a rien eu. Depuis plus de deux ans, certains opposants demandent au Président Compaoré une «  refondation » de sa République.

Ce débat politique a occupé l’actualité nationale au cours des années 2008 et 2009. Depuis juin 2009, le CDP a exprimé sa volonté de procéder à une révision constitutionnelle, lançant ainsi le débat sur l’article 37.

Au regard de ce qui précède peut-on accorder un crédit à ceux qui proclament qu’ils livreront bataille contre le régime Compaoré à propos de l’article 37 ?

Nous étions à un forum organisé par le Centre pour la Gouvernance Démocratique (CGD) sur la question de l’article 37. Il y avait des opposants toute honte bue qui ont demandé au CGD de continuer la sensibilisation dans les autres régions parce que leurs partis n’ont pas de moyens pour faire le même travail.

Le docteur Emile Paré était présent. Il a souligné que l’élection présidentielle de 2010 est une priorité. 2015, c’est toujours loin. Parce que Blaise Compaoré peut être battu. Les opposants ont demandé la création d’un front avec les organisations de la société civile. Le Professeur Loada a répondu qu’il fallait que chacun travaille de son côté. La réflexion sur la nécessité d’une coalition se poursuivait.

Nous n’allons jamais cesser de rappeler certains à leurs devoirs. Si le régime est toujours en place, c’est parce qu’il y a des gens qui ont privilégié leurs intérêts individuels. Nous avons l’impression d’être dans un jeu de marionnettes. Personne ne veut en réalité que le régime tombe. Au nom de quoi ? « Dieu seul sait » comme le mentionne le titre d’un album du Groupe Yeleen.

Nabi Youssfou

 



03/02/2010
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