repères, Il y a des valeurs........

repères, Il y a des valeurs........

Le RSP n'a jamais voulu que Blaise parte. Il nous fera payer cela

 

En exclusivité, le récit d’une torture infligée par 4 éléments du RSP le 30 octobre 2014, derrière Top 2000.

Le 30 octobre 2014, après la manifestation en ville, je suis revenu à la maison pour prendre ma Tablette. J'ai appris par l'intermédiaire d'un ami que les manifestants se dirigeaient vers le Palais à Kossyam. Je pris la direction de Kossyam en passant par L'Echangeur de Ouaga 2000 et le boulevard Mouammar Kaddafi. Il y avait peu de monde sur ce trajet qui partait à Kossyam.

A partir des feux tricolores avant le Monument des héros nationaux, j'ai pris la direction Ouest  pour aller voir du Côté de l'Avenue France Afrique.

Arrivé sur cette avenue,  vers la Préfecture de Police j’ai constaté que  les premiers manifestants avaient dépassé l'hôtel Palace. J'ai emprunté une rue parallèle qui menait vers la Salle de Conférences. Les manifestants avant atteint la Nouvelle direction générale de la Douane. J'ai continué sur des rues parallèles qui traversaient les habitations de Ouaga 2000. Je me suis retrouvé dans une zone où flottait le drapeau égyptien, quand j'ai entendu des manifestants qui couraient en disant qu’ " ils arrivent".

J'ai vu réellement deux militaires sur un motard qui venaient. Quand ils sont arrivés au mon niveau, j'ai dit que j'étais journaliste, et j’allais voir du côté de kossyam ce qui se passait. Ils m'ont demandé pourquoi je suivais les manifestants?

 J'ai vite compris qu'ils allaient m'agresser, j'ai accéléré la moto et je suis tombé à un tournant. Ma moto a trainé jusqu'à atterrir dans un caniveau. Je me suis relevé et j’ai  couru m'abriter dans une touffe d'épineux.

Je les attendais ruer de matraques une fille en lui demandant : « Est-ce qu’elle pouvait voter ».

Après, ils sont partis. Je suis sorti de ma cachette. J'étais blessé aux genoux et aux paumes. Ma moto abimée et irrécupérable dans le caniveau.

J'ai appelé un ami afin qu’il vienne me sortir de là. Il a mis au moins une quarantaine de minutes, il n'arrivait pas. J'ai décidé de marcher pour sortir de cette zone en allant vers la Clinique les Genets.

Après cinq minutes de marche, j'ai entendu derrière moi un vrombissement  de motards à moins  200 mètres. Ils m'avaient aperçu. J'ai essayé de cacher derrière une guérite devant une cour. J’ai trouvé un monsieur qui se reposait. Ils sont arrivés et nous ont sommé de sortir. Je suis sorti les mains en l'air. Ils étaient 4 militaires sur deux motos dont ceux qui m'ont raté la première fois. Ces derniers se sont réjouis de m'avoir retrouvé.

J'ai sorti mon passeport et ma tablette en leur disant que j'étais journaliste. Je suis toujours là parce que ma moto est en panne. Ils m’ont répondu que ceux qui m’ont envoyé allaient m’acheter une autre.

Ils n’ont pas voulu m’écouter. Ils m'ont demandé de me coucher, je me suis mis en genoux. Le goudron chauffait, je me suis levé.

 Un d'eux m’a fait savoir qu'ils n’allaient pas me tuer mais "çà va t'entendre"

Ils ont commencé à me battre à 3 avec trois fouets sous forme de deux cordes. Le quatrième faisait la ronde. Ils me demandaient si nous pensons que : «  nous allons gagner facilement ». Est ce que nous pensons qu'ici c'est la Côte d'Ivoire ou les pays arabes? Est-ce que nous savons comment le monsieur a eu son pouvoir ?

Je répétais toujours que j'étais journaliste. Leur chef a dit : «  taper sa bouche, ses yeux. Ce sont les journalistes qui racontent n'importe qui pour envenimer la situation pourtant il y a rien ».

Ils m'ont battu pendant une vingtaine de minutes. Après ils m'ont donné de l'eau à boire. Un demande à son chef s'il faut m'arroser. Le chef a dit non et m’a demandé de lui montrer ce que j’ai fait avec ma tablette ce matin. Il n'y avait que les photos de la manifestation de la CCVC du 29 juillet 2014. Leur chef a dit « tablette confisquée et passeport aussi »

                                                                                                                 

Ils m'ont de me rhabiller. Quand ils partaient, j'ai tendu ma main pour saluer un d’eux. Ils m'ont demandé pourquoi je voulais les saluer. J'ai répondu pour m'avoir épargné de la mort. Le plus méchant m'a répondu qu' « ils ne voulaient pas se souiller les mains. Si nous te rencontrons encore dans notre patrouille tant pis pour toi ».

J'ai marché un kilomètre et l'ami en question m'a trouvé sur la voie. Il m'a dit qu'ils l'ont rencontré plus haut et  lui ont demandé où il partait. Il leur a dit qu'il partait voir son oncle.

L'ami m'a conduit au CMA du 30 pour obtenir les premiers soins.

J’ai eu la vive sauve mais une trentaine de martyrs et des centaines de blessés.

 

Voilà un des hauts faits de guerre du Régiment Sécurité Présidentielle. Nous n’allons jamais apprendre qu’ils ont dérouté des armées ennemies. Seulement qu’ils ont tué et frappé des compatriotes.

 

 

 

 

 



06/02/2015
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