repères, Il y a des valeurs........

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Organisation d’élections transparentes

Organisation d’élections transparentes

 

Le Burkina toujours au creux de la vague

 

Depuis le référendum du 2 juin 1991, le Burkina Faso a organisé trois (3) élections présidentielles (91, 98, 2005), quatre (4) législatives (92, 97, 2002, 2007) et trois (3) municipales (95, 2000, 2006). De l’appréciation des organisateurs et de certains observateurs, toutes ces élections se sont bien déroulées. D’autres acteurs telles que l’opposition et certaines organisations de la société civile ne sont pas de cet avis. Les observations et critiques sont toujours minimisées parce que venant des contre-pouvoirs et des perdants.

 

La question de la transparence et de la justesse des élections en Afrique a toujours été préoccupante. Comment reconnaît-on une élection transparente ? Au Burkina, en dehors des présidentielles où l’on a parlé rarement de fraudes, les législatives et municipales sont émaillées de telles pratiques. On finit par trouver qu’elles ne remettent pas en cause la validité du vote.

 

Les fraudes sont liées aux fausses démocraties

Il y a des facteurs qui constituent des terrains propices à la fraude électorale : un Code électoral taillé sur mesure, un fichier électoral non fiable, des listes électorales contestées parce que non fiables, la multiplicité des actes d’identification pour le vote, la corruption électorale, etc.

Qu’est-ce qui est fait pour lutter contre les fraudes ? A la veille de chaque élection, il y a une révision de listes électorales avec une distribution de nouvelles cartes électorales, etc. Malheureusement au Burkina, le choix d’une seule pièce d’identification pour le vote n’est pas encore d’actualité. Quelles raisons sont avancées ? Les populations ont des difficultés à acquérir une pièce d’identité si on l’avait choisie comme pièce unique pour le vote. Cet argumentaire est battu en brèche. Cela fait déjà deux décennies que le Burkina organise des élections. Il suffit d’une volonté pour choisir une seule pièce d’identité pour le vote ; on aurait mis les moyens pour sa vulgarisation et son acquisition depuis longtemps.

C’est cette année, qu’une campagne d’établissement de la nouvelle carte d’identité est en cours avec le soutien de partenaires financiers. Ce n’est pas pour qu’elle serve de pièce unique pour l’élection la plus proche. Parallèlement à la vulgarisation de la carte nationale d’identité, il y a une autre campagne de délivrances d’actes d’état civils tels que les actes de naissance, les jugements supplétifs, etc. Ceux qui seront détenteurs et en âge de voter les utiliseront pour s’inscrire sur les listes électorales. Pourtant, il y a une facilité pour les fraudeurs à utiliser ces pièces pour de multiples inscriptions. Le Burkina est loin de tourner la page de ce type de fraudes parce que la volonté d’y mettre fin n’y ait pas.

 

Le Burkina ne décolle pas

Les Togolais ont voté à la présidentielle d’Avril 2005 avec des cartes numérisées. Les Ivoiriens voteront dans les jours à venir avec le même type de cartes. Pourquoi a-t-on pris l’exemple de ces deux pays ? Parce que tout simplement, c’est grâce à la médiation du Président Blaise Compaoré que ces pays sont en train de retrouver des processus électoraux normaux. Ce qui veut dire que les protagonistes se sont entendus sur l’usage de ces instruments modernes. Pendant ce temps, les électeurs burkinabè n’ont jamais eu droit à cette carte numérisée. Nous avons entendu dire que le système était coûteux et prendrait beaucoup de temps. Pour cela, le Burkina ne pouvait pas s’y aventurer pour les élections à venir. D’aucuns pensent que c’est plutôt une question d’intérêts. Le système actuel arrange le parti au pouvoir qui a toujours triomphé en exploitant ces failles.

Ce système est tellement défaillant que l’ambassadeur Salif Diallo avait reconnu qu’il fallait remettre tout à plat lors de l’interview qui a fait tant de bruit.

Cette remise dépendra forcément de la volonté politique des tenants du pouvoir d’aller vers une démocratie véritable. Mais, aussi du reste de la classe politique et de la société civile à revendiquer les meilleures conditions pour des élections justes et transparentes.

Ce ne sont pas forcément les choses les mieux partagées de part et d’autre. Le parti au pouvoir se plait dans un système qu’il a mis en place pour gagner chaque fois. L’opposition et la société civile ne bougent pas tellement comme si elles étaient à bout de force, pour ne pas dire aucune composante ne montre un intérêt à se battre véritablement pour la démocratie. Dans les années 2000, il y a eu des acquis démocratiques qui devaient permettre à la démocratie d’avancer. Hélas, le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) a remis tout en cause et a taillé des textes à sa mesure. L’opposition et la société civile se contentent simplement des déclarations de désapprobation à telle enseigne que l’on se demande qui viendra se battre pour que cette démocratie avance ?

Le constat est encore plus amer. A 15 mois de la présidentielle de 2010, personne ne parle du fichier électoral, de listes et de cartes électorales, etc.

C’est à deux mois de l’élection présidentielle, que l’opposition commencera ses critiques et ses revendications. Pourtant, elle a eu tout le temps. Elle attend que le CDP commence ses activités pour savoir que la bataille est lancée pour la présidentielle de 2010.

Du côté de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), les activités sont pour le moment concentrées sur la mise en place de ses démembrements à l’étranger, la tenue de séminaires, etc. Pour le vote des Burkinabè de l’extérieur, le gouvernement a délié le cordon de la bourse. La CENI est allée jusqu’au petit recoin du monde pour installer ses démembrements. Pour un début, on aurait pu se concentrer sur les pays qui abritent le plus grand nombre de nos ressortissants. Nous sommes dans un pays où si le Président Compaoré veut quelque chose, on trouve les moyens. Il ne veut pas d’une démocratie véritable, les Burkinabè ne la connaîtront. Sauf s’ils se réveillent ici et maintenant. L’épée de Damoclès plane déjà, la révision constitutionnelle est annoncée. Çà ne surprendra personne.

Les Burkinabè ont toujours le choix. Nul n’est au-dessus d’un peuple.

Nabi Youssfou

 



22/09/2009
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