repères, Il y a des valeurs........

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L’article 37, ce n’est toujours pas gagné !

La crise que vit le Burkina depuis la fin février est aussi une occasion de revenir sur le débat de la modification ou non de l’article 37. Les médias étrangers (français) ne manquent pas l’occasion de poser la question aux dignitaires du régime de la IVème république. Il y a plus d’un mois, c’est le président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Roch Marc Christian Kaboré qui a eu un ton plus modéré sur la question. Contrairement à ses propos de l’année dernière où il tenait mordicus que l’article 37 était antidémocratique. Le nouveau premier ministre, Luc Adolphe Tiao interrogé sur la question au début de sa nomination n’a pas été à mesure de rassurer. Ces derniers temps, son ministre des Affaires étrangères, Djibril Bassolet a eu des hésitations sur la question. En effet, il a dit qu’il y aura un débat sur l’article 37 et le président du Faso respectera le consensus qui se dégagerait. Il a aussi précisé que la période ne se prête pas à la modification de l’article 37 parce que « elle pourrait mettre le feu aux poudres », expression qu’il a concédé au journaliste de RFI Christophe Bouabouvier qui l’avait interrogé la semaine dernière. Le ministre Bassolet a au moins déclaré dans la presse internationale que le Président du Faso ne souhaite pas s’éterniser au pouvoir. Il voudrait préparer une transition apaisée avec les reformes politiques et institutionnelles en vue. Que valent aujourd’hui les paroles des dignitaires du régime Compaoré ? Ils ont toujours su manier la langue quand le régime est aux abois. Quand la situation redevient normale, ils font montre d’une arrogance qui les caractérisent pour remettre tout en cause. Le fait de ne jamais respecter la parole donnée a fait qu’ils ne bénéficient pas de la moindre confiance. Les exemples ne manquent pas pour étayer cela. L’envie de vouloir modifier l’article 37 après la crise de Sapouy en est un exemple illustratif. Au regard de tout cela, l’avenir de l’article 37 n’est pas encore réglé. Ils y reviendront soit dans 1ou 2 ou 3 ans si la crise passe. Si avec cette crise dont la qualification fait débat, le régime de Blaise Compaoré n’a daigné pas régler de façon définitive, c’est qu’il tient à modifier l’article 37. Bon nombre de Burkinabè s’attendaient à ce que le Président Compaoré dise qu’il partira en 2015. Il ne l’a pas fait. Tous ceux qui pensent que la crise a sauvé l’article 37 pourraient se tromper. Du moment où le régime voit la crise sous l’angle social, il évite de poser le problème sur le plan politique. La vigilance est de mise pour tous les démocrates du Burkina. C’est pourquoi, tous les hommes de bonne foi qui vont représenter leurs structures au Comité consultatif sur les reformes politiques devaient poser comme préalable à leur participation l’exclusion de l’article 37 des points à discuter à ces assises. Parce qu’il n’y aura jamais de consensus sur l’article 37. La meilleure façon de rendre service à la démocratie et à la paix est de le sanctuariser ou le laisser en l’état. Le régime étant têtu, il tentera par tous les moyens pour revenir sur l’article 37. Il peut se flatter que la crise actuelle est sociale donc il suffit d’une diminution insignifiante du prix du riz « Mba boanga », d’une résolution des problèmes des militaires pour que la crise se tasse définitivement. Crise sociale ou pas, c’est l’incapacité du politique à régler les problèmes élémentaires des Burkinabè depuis 24 ans qui est la cause des problèmes récurrents qui sont posés. C’est aussi simple, si un malade va chez un médecin avec son mal et qu’il n’arrive pas le guérir. Soit le médecin est incompétent, soit la maladie est incurable. Si la maladie est curable, il peut au moins changer de médecin s’il ne veut pas mourir. Si après 24 ans de règne où on avait promis « l’avenir tranquille », « société d’espérance », « un Burkina émergent », on est toujours au stade où les Burkinabè ne peuvent pas manger à leur faim, on est toujours au stade où le gros effort est de baisser le prix du sac de riz à 1000 FCFA, la garantie des lendemains meilleurs n’est pas assurée. Avec çà, il bénéficie toujours avoir un état de grâce comme si on ne connait pas suffisamment ce régime. En rappel, le 3 janvier 2011, un syndicaliste a dit que les ingrédients sont les mêmes qu’en janvier 1966. A l’analyse, le régime Compaoré est préféré. Beaucoup se réjouissent du fiasco des opposants comme des militants du CDP. Le régime Compaoré devient un sort jeté aux Burkinabè dont on ne peut se départir. Comme le dit un adage moaga : « Qu’il ne s’en sorte pas !les vertiges de la verge ne sauraient surprendre le danseur de Warba ». BENYOUSSOUF


20/05/2011
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