repères, Il y a des valeurs........

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Harcèlement médiatique de Tertius Zongo/Les Burkinabè ont-ils compris son message?

Harcèlement médiatique de Tertius Zongo

 

Les Burkinabè ont-ils compris son message?

 

Les semaines écoulées, les sorties médiatiques du Premier ministre Tertius Zongo ont constitué l’essentiel de l’actualité. Pour un plan-médias, il en était une. La faute note a été sans conteste le « grand faux bond » qu’il a fait à la Télévision privée Canal 3. La justification donnée par son directeur de la communication frise bien l’injure à l’endroit des responsables de cette télévision. Néanmoins, il peut en être fier de ce harcèlement médiatique qu’il a concocté pour cet anniversaire. De tout cela, une question se pose, Tertius Zongo a-t-il convaincu ?

 

Le premier objectif est de rendre compte aux Burkinabè des actions menées par le gouvernement de Tertius Zongo en deux ans d’exécutif. Pour les autres objectifs, nous n’allons pas trop nous aventurer. Nous avons eu l’impression que le Burkina n’a jamais eu un premier ministre pareil. Pour sur tous les premiers ministres sont nommés par le Président du Faso pour une continuité de l’Etat. Que chaque premier ministre imprime son style, c’est de bonne guerre. Le style ou la marque Tertius Zongo a-t-il la côte des Burkinabè ? Seul un sondage pourrait nous édifier. En attendant c’est l’incidence des résultats de ses actions dans l’amélioration du quotidien des Burkinabè qui nous préoccupe. Pour cela, le Premier ministre devrait être modeste.

 

Loin de la rhétorique

Sur l’appréciation de la marche du Burkina vers le développement, il y a une similitude entre Tertius Zongo et son prédécesseur Paramanga Ernest Yonli. En effet, quand le Premier ministre parle du Burkina, nous avons envie de croire avec lui que l’espoir est permis. Dans la parution précédente, la caricature de la situation était illustrée par un titre du journal: « Tout va bien », Bar. Paramanga Ernest Yonli disait : « Le Burkina avance, n’en déplaise à ceux qui voient tout en noir ». Il s’agit d’une autosatisfaction. Pouvait-il en être autrement ?

 

Après plus de 6 ans au premier ministère, le gouvernement Paramanga Ernest Yonli n’était pas arrivé à faire quitter le Burkina des dernières places du classement du Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD).

L’expression qui est utilisée pour cette réalité est que : « le Burkina est un bon élève, mais dernier de la classe».

Depuis l’arrivée de Tertius Zongo, les reformes entreprises visent à donner une confiance aux investisseurs. Un meilleur classement du Burkina dans « Doing business » est un indicateur de performance dans le domaine économique. On peut venir faire des affaires au Burkina en toute quiétude. Les affaires ? Cela nous fait penser à cette phrase: « Les affaires du Burkina appartiennent au Burkina des affaires ». Au Burkina, ce sont les mêmes qui exercent dans tous les secteurs d’activités. Ils se partagent les marchés. Entre amis et parents, ils sont à la tête de puissants groupes économiques. Ces derniers prennent encore plus de place dans cette politique de soutien au secteur privé. Sous Tertius Zongo, « les affaires du Burkina » continuent.

 

Ses mesures d’austérité

L’assainissement de la vie publique est le leitmotiv du gouvernement. La réduction des dépenses concerne au premier chef, les chefs, les premiers responsables. S’il y a abus dans l’administration, ce sont eux les plus gros bénéficiaires. Les petits agents n’ont que d’yeux pour constater l’extravagance de leurs patrons. Des mesures ont été prises par le Premier ministre pour réduire certaines dépenses des patrons.  Au Burkina, un responsable reste un responsable. Les gens sont plus subtiles qu’on ne le pense.

En ce qui concerne la gestion du carburant, nous avons tous applaudis les mesures prises. Nous avons vite déchanté quand le vendredi 5 juin à 20h 30 minutes, nous avons vu une jeune fille accoster un pompiste dans une station pour lui proposer un échange de bons de carburant d’une valeur de 80000 FCFA. Ainsi donc, les enfants continuent d’échanger des bons d’essence. C’est peut-être un cas isolé mais c’est un cas mais nous sommes tombés sur le coup, nous qui venons pour 700 FCFA d’essence. Devrons-nous en être écoeurés ?

Autre chose qui préoccupe le premier ministre est l’élargissement de l’assiette fiscale. Les riches payent-ils assez l’impôt. Ce sont les pauvres qui sont accessibles et traqués à longueur de journée. Les taux appliqués au niveau des titres fonciers continuent de nous convaincre que les riches sont plus privilégiés. Que dire des faveurs qu’on accorde aux opérateurs économiques au nom du soutien au développement du secteur privé ? Ce qui se passe dans le secteur minier est patent.

 

La lutte contre la corruption

De la lutte contre la corruption, la création de l’Autorité supérieure du contrôle de l’Etat (ASCE) avait été saluée à sa juste valeur. Après la sortie de son premier rapport, le journal lui a adressé ses encouragements. Les résultats étaient sujets à interrogations. En comparant ce rapport à celui de 2004 de la défunte Haute autorité de coordination de la lutte anti-corruption, nous pouvons parler de petits poisons qui ont été pris. Certainement des cas pour la propagande anti-corruption du moment. La HACLAC dirigée en son temps par Honoré Tougouri avait mis sur la place publique 10 dossiers de malversations qui ont coûté près de 3 milliards de FCFA. La Croix Rouge, le projet Bougouriba, la LONAB, l’AMVS étaient épinglés. Il avait été précisé que ces dossiers étaient à l’Inspection d’Etat. L’ASCE est née de la dissolution de toutes ces structures. Si ces dossiers sont-ils aussi dissouts ? Peut-on enterrer des dossiers de 3 milliards et s’acharner sur des dizaines de millions ? Comme si on nous convainquait qu’il fallait plus voler et être protéger par les amis et parrains politiques. Ceux qui ont pris peu et qui en ont pas, tant pis. Ce cas de figure nous fait rappeler un jugement des Tribunaux Populaires de la Révolution qui avaient eu lieu à Tenkodogo. En effet, un commerçant s’est retrouvé à la barre pour 500000 FCFA. On l’appelait « le ministre du marché ». Quand le Président du tribunal lui a demandé s’il avait quelque chose à dire avant le verdict, il a souhaité venir la prochaine fois à la barre pour plus de 500 000 FCFA.

Dans la lutte contre la corruption, les choses font de mal en pis. Quelle action le Premier ministre pourra-t-il mener pour combler nos attentes ? Pécher les petits poissons ? Non, les gros peut-être. Les gros font partie de la pourriture d’un système de plus de 21 ans d’exercice. Ce n’est pas un Premier ministre qui y mettra fin. Tout simplement la pourriture n’a de place que dans une poubelle.

Nabi Youssfou



02/07/2009
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