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Crise dans les universités/Le gouvernement veut asphyxier le SYNADEC

Crise dans les universités

Le gouvernement veut asphyxier le SYNADEC

 

Les négociations entre le gouvernement et le SYNADEC sont au point mort. Ces derniers temps, les interventions du Premier ministre Tertius Zongo et du chef de la délégation ministérielle Soungalo Ouattara dans la presse ont fini de nous convaincre qu'il n'y aura pas un retour à la table des négociations avec le SYNADEC. Pire, toutes les démarches du gouvernement visent à asphyxier le SYNADEC. Le 23 juin dernier, la délégation gouvernementale a rencontré l'Union nationale des parents d'élèves et scolaires du Burkina (UNAPES-B) dirigée par Idrissa Traoré, ancien président du Conseil Constitutionnel. Le gouvernement voudrait avec lui les parents d'élèves et d'étudiants.

 

Le gouvernement ne semble pas vouloir lâcher prise dans son différend avec les enseignants-chercheurs. En voulant prendre à témoin les parents d'élèves et d'étudiants des efforts consentis pour la résolution de la crise comme il l'a fait pour l'opinion, le gouvernement a l'intention de se faire des alliés. L'UNAPES-B est un allié de longue date dans les crises universitaires. Cette fois-ci, il ne s'agit pas d'étudiants, mais de leurs enseignants. On  s'interroge sur le rôle que l'UNAPES-B peut jouer à cette phase de la crise.

 

 

Le gouvernement ne ménage plus le SYNADEC

Dans l'une de nos parutions, nous avons émis l'idée que le Premier ministre puisse lui-même intervenir à cette étape dans la crise pour rassurer le SYNADEC. Les dernières déclarations nous ont édifiés sur la fermeté du gouvernement. En effet, le Premier ministre continue de marteler que le gouvernement a fait assez d'efforts. Il a fait savoir que les enseignants-chercheurs ne sont pas des « supercitoyens ».

Si le gouvernement dit s'inscrire dans la dynamique de l'apaisement et du dialogue, il y a des commentaires souvent frustrants qu'il faut éviter, même quand on se dit être  le « chantre de la vérité ».

Le Premier ministre a soutenu que : « rencontrer le SYNADEC c'est fragiliser son équipe gouvernementale ». S'est-il imaginé un instant que la présence de trois enseignants dans l'équipe pouvait être un frein à la négociation ? Que peuvent dire de convaincant  ces trois ministres à leurs collègues, du moment où les enseignants ministres profiteront des fruits de la lutte qui se mène ?

La fermeté du gouvernement s'est traduite par des menaces de coupure des salaires, le refus d'émettre des ordres de missions pour les enseignants-chercheurs, etc.

Le gouvernement semble avoir changé son fusil d'épaule dans la gestion de la crise. En effet, il compte impliquer le monde universitaire dans la mise en place du statut de l'enseignant-chercheur. Le gouvernement, en optant pour cette approche contourne le SYNADEC. Le SYNADEC n'est plus son interlocuteur. Tout sera traité avec une commission. Voici des manœuvres pour venir à bout de la lutte du SYNADEC. La pression et la répression peuvent venir à bout de cette lutte, mais tôt ou tard les mêmes causes produiront les mêmes effets. C'est la même gestion des crises universitaires qui a fait le lit à ces crises qui n'en finissent pas. Le Burkina n'est pas un îlot d'exception, diront certains. Chacun sait que les études ailleurs sont meilleures. C'est pourquoi des parents trouvent des moyens pour envoyer leurs enfants étudier à l'extérieur. Depuis les indépendances, il a toujours été demandé aux gouvernants de faire l'effort de créer le minimum pour les enfants de la majorité. Cela n'a pas de prix. En l'évaluant à coups de milliards, c'est à l'honneur du gouvernement.

 

Quels parents d'élèves ?

 

Les associations des parents d'élèves au Burkina restent pour la plupart sous la coupe de l'administration scolaire.

L'UNAPES-B qui a été créée dans les années 90 et dirigée par Idrissa Traoré a toujours été un allié du gouvernement lors des crises universitaires. C'est encore une crise dans les universités qui permet de la revoir sur scène. Elle a été invitée par le gouvernement à une rencontre d'information. L'issue de la rencontre a laissé croire que l'UNAPES-B veut maintenant jouer un rôle dans le différend entre le gouvernement et le SYNADEC.

Si elle décide d'être une « force tampon » entre les deux protagonistes, il y a longtemps qu'elle devrait le faire. On est surpris que l'UNAPES-B n'ait pas pris sur elle l'initiative de rencontrer le gouvernement et le SYNADEC pour comprendre davantage les tenants et les aboutissants de cette crise. Elle a attendu religieusement d'être invitée à la table par le gouvernement. Il s'agit là de l'avenir de leurs enfants dont l'UNAPES-B semble se soucier : «  nous demeurons inquiets pour l'année académique même si par-ci, par-là, on donne l'assurance que l'année ne sera ni blanche, ni invalidée ». Inquiétude d'Idrissa Traoré. On est aussi étonné que c'est maintenant qu'elle manifeste cette inquiétude. Un mutisme critiquable.

L'UNAPES-B devrait être présentement dans l'embarras. Habituellement, dans les crises qui mettent aux prises le gouvernement et les étudiants, sa position en faveur du gouvernement n'a jamais  souffert d'une quelque ambiguïté.

A la rencontre avec le gouvernement, l'UNAPES-B dit s'abstenir de toute prise de position. Au même moment, elle a lancé un appel au SYNADEC afin de reprendre les cours en négociant. C'est une position défendue par le gouvernement. Aussi, a-t-elle a promis de faire circuler les informations à l'endroit des parents d'élèves et d'étudiants partout au Burkina. Voilà où commence l'ambiguïté du rôle de l'UNAPES-B. Quelles informations va-t-elle faire circuler ? Serait la boîte à lettre du gouvernement ?

Si l'UNAPES-B veut montrer patte blanche et être crédible aux yeux des enseignants-chercheurs, elle devrait éviter de se charger de ce travail. Le gouvernement a les moyens d'aller partout au Burkina pour porter les informations qu'il veut et à qui il veut. Les gens ont encore en mémoire ces délégations ministérielles qui écumaient les villes et les campagnes pour parler de la crise née du drame de Sapouy et la crise universitaire de 1999-2000.

Quelle répression s'est abattue sur les membres du Collectif contre l'impunité, surtout les non autochtones et les élèves ?

Quels que soient les moyens utilisés pour mettre fin à la lutte du SYNADEC en dehors du canal de la négociation, tôt ou tard il y aura crise.

 

Nabi Youssfou



07/07/2009
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