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Visite de Dominique Strauss Khan/Au moment où le bon élève est malade

Visite de Dominique Strauss Khan

 Au moment où le bon élève est malade

 

Le directeur général du Fonds Monétaire International, le français Dominique Strauss-Kahn était à Ouagadougou le 24 février dernier. A cet effet, le président Blaise Compaoré a organisé un mini-sommet avec ses homologues de l’Union Economique et monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) afin d’échanger avec le patron du FMI.

 

Le FMI forme avec la Banque Mondiale ce qu’on appelle les institutions de Bretton woods. A entendre nos gouvernants, les relations entre ces institutions et nos pays sont au beau fixe. Depuis plus d’une décennie, les notes que le Burkina reçoit d’elles sont excellentes. Parce que notre pays a toujours appliqué tout ce qu’on lui demande. Par conséquent, l’expression qui est consacrée est le Burkina est un « bon élève du FMI ». Quels en sont les critères d’un bon élève ? C’est le pays qui applique les réformes économiques sans se soucier des conséquences sur la vie de ses populations. Par conséquent, c’est le pays qui des indicateurs macroéconomiques au vert. C’est celui qui paye régulièrement ses dettes. Depuis plus d’une décennie, ce sont ces éléments qui ont fait la notoriété du Burkina Faso auprès du FMI. En effet, les années 90 marquent le début de l’application des programmes d’ajustement structurels (PAS) qui étaient les portes d’entrée du libéralisme dans notre pays. Par conséquent, le Burkina a initié des privatisations et des réformes de l’administration et la fonction publique pour répondre aux exigences des institutions de Bretton Woods. Les conséquences sont exprimées par les syndicats en ces termes : privatisations sauvages avec des milliers de travailleurs licenciés, une réforme générale de l’administration publique instaurant la précarité de l’emploi et le blocage des carrières des agents, le désengagement de l’Etat des secteurs sociaux (santé, éducation ). Depuis une décennie, les PAS ont certainement fait plus de mal que de bien (selon). C’est pourquoi, le FMI et la Banque Mondiale n’ont pas une bonne presse dans l’opinion de nos états. En effet, les syndicats ont fini par donner une définition au sigle du FMI (Famine Misère Impérialisme).

Lors de sa visite, le directeur général du FMI s’est défendu en disant que cette mauvaise image n’était qu’une vision ancienne et partielle du fonds. Il dit être venu remercier les Africains pour le soutien qu’ils lui ont apporté lors son élection à la tête du FMI. C’était une occasion pour lui d’exposer les nouvelles réformes entreprises. Cependant, le président en exercice de l’UEMOA, Blaise Compaoré a dit ce qu’il attend du FMI : « une amélioration de sa gouvernance, notamment rendre ses instruments financiers beaucoup plus accessibles aux Africains, particulièrement aux pays fragiles, les pays en situation de crise. Nous attendons aussi une meilleure représentation du continent dans les instances d’administration de ce fonds ».Des revendications ou doléances ? Ce qui est sûr le directeur général a une marge de manœuvre très faible parce que ce sont les grands pourvoyeurs de fonds qui ont toujours le pouvoir de décision.

La venue du directeur général du FMI a été d’un grand intérêt non seulement pour les autorités mais aussi pour les populations en détresse. En effet, Monsieur Strauss-Kahn est arrivé au moment où le Burkina « le bon élève » grogne contre la vie chère. Une conséquence de la voie du développement que le FMI a indiqué à nos pays. Mais le directeur général du FMI n’a pas daigné rencontrer la société civile (syndicats) au sein de laquelle son institution mettra du temps pour avoir de la sympathie. S’il avait fait le pas, le discours serait autre. Les syndicats lui feraient part de vive voix, la misère de nos populations.

Nabi Youssfou

 



01/03/2008
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