repères, Il y a des valeurs........

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Salif Diallo à la Radio Nationale /L’ADF /RDA n’est pas un parti d’opposition

Salif Diallo à la Radio Nationale

L'ADF /RDA n'est pas un parti d'opposition

 

Dans un précédent article, nous abordions un certain nombre de points évoqués par le ministre d'Etat, Salif Diallo : ses idéeaux, ses rapports avec les autres leaders du Congrès pour la Démocratie (CDP) etc. D'autres questions abordées concernent l'opposition, l'ADF/RDA, et les partis de la mouvance présidentielle. L'examen de ces questions est riche d'enseignements.

 

En rappel, le ministre d'Etat Salif Diallo était l'invité le dimanche 27 janvier de nos confrères Boureima Djiga et Sylvain Vébamba à l'émission « Tapis d'honneur ». Les réponses données à certaines questions par le ministre d'Etat pourront permettre une clarification de la scène politique burkinabè.

 

Les mouvanciers et l'ADF/RDA pour le naam

 

Le ministre Salif Diallo s'est prononcé sur la rivalité entre le CDP et les partis de la mouvance : « Les partis autres que le CDP ne peuvent pas s'entendre sur l'ensemble de nos points programmatiques. Mais sur le soutien au Président, les partis trouvent en principe des points d'accord. Dans les faits, ils viennent pour le partage du « naam ». Il y en a qui sont au gouvernement et ils sont souvent les plus venimeux contre le CDP sur le terrain. En politique, l'alliance n'est pas subjective. Ce sont des intérêts objectifs qui nous lient. Il ne faut pas pleurnicher sur le sort de ces partis qui font pièce au CDP ». Pourtant, le gouvernement actuel est composé du CDP et l'ADF/RDA. Parle-t-il de l'ADF/RDA ? La qualifie-t-elle de parti de la mouvance présidentielle ? Le ministre Salif Diallo l'a confirmé : «  je suis d'avis avec ceux qui disent que ce n'est pas un parti d'opposition, mais pas avec les mêmes arguments. Ce parti soutient publiquement et concrètement le programme du président Blaise Compaoré. Ce faisant, je ne vois pas comment l'ADF/RDA peut-être chef de file de l'opposition dans le contexte actuel. Je n'ai pas vu une opposition même timorée, de l'ADF/RDA au programme du président. On ne peut pas vouloir une chose et son contraire ». Les partis de la mouvance présidentielle sont allés pour le « naam », c'est-à-dire le pouvoir et les avantages. De tels propos ne feront pas plaisir à Maître Gilbert Nöel Ouédraogo qui avait réinventé les sciences politiques en rejoignant le Président Blaise Compaoré. Toute une phraséologie avait été développée par Me Ouédraogo : « Nous soutenons le candidat Blaise Compaoré et non le CDP ». Néanmoins, il avait pris le soin de surseoir à son titre de chef de file de l'opposition. L'ADF/RDA. Là encore la raison n'était pas son soutien à Blaise Compaoré, mais la coquille vide du statut du chef de file. Mais l'ADF/RDA et son président n'ont jamais renoncé à leur appartenance à l'opposition. Le comble est que, malgré la vacance du poste, le chef de file de l'opposition n'a plus été attribué à un autre parti depuis cette confusion monstre. Le point de vue du ministre Diallo, pilier du parti au pouvoir a l'avantage de donner au moins raison aux partis de l'opposition qui réclament l'application des règlements. Aussi Salif Diallo se lave-t-il les mains enfin de montrer à l'opinion qu'il ne fait pas partie des caciques qui bloquent l'application de la disposition. Pourtant, toutes les critiques sur la question sont destinées au CDP. C'est le président de l'Assemblée nationale qui signe le décret de désignation du chef de file de l'opposition. Il s'agit du parti d'opposition à l'Assemblée nationale qui a le plus grand nombre de députés. Roch Marc Christian ne l'a pas encore fait. Le ministre Salif Diallo a dit que ce n'est pas l'ADF/RDA. Donc c'est l'Union pour la renaissance/ Mouvement Sankariste (UNIR/MS) de Maître Bénéwendé Sankara qui a quatre députés.

La situation est claire et limpide comme l'eau de roche, c'est alors Roch Marc Christian Kaboré qui bloque la désignation du chef de file de l'opposition. Pour quelles raisons ? Certainement politiques, il ne faut pas frustrer l'allié ADF/RDA qui se réclame toujours de l'opposition. Il ne faut pas donner plus de considération à Me Sankara en lui attribuant ce rôle.

Ces genres de calculs politiciens continuent de gripper les institutions républicaines nécessaires à notre démocratie.

 

Salif Diallo n'est pas blanc comme neige

 

A la question de savoir si le ministre Salif Diallo est l'artisan de l'anéantissement de l'opposition, il a fait des aveux « Oui et non. Oui parce que nous avons à faire à des adversaires politiques qui cherchent à conquérir le pouvoir, et nous oeuvrons aussi à le conserver. Si donc nous pouvons accélérer leur décomposition interne, nous faisons des coups politiques mais pas en dessous de la ceinture. Je ne suis pas blanc comme neige dans cette situation. En tant que parti au pouvoir, nous avons l'appareil d'Etat, ce qui est une longueur d'avance sur l'opposition ». Combien de partis politiques sont-ils pas à la trappe? Le MDP et l'ADF/RDA de Maître Hermann Yaméogo ? Le PAI de Philippe Ouédraogo ? le Front de refus de Frédéric Guirma ? Les Verts de Ram Ouédraogo ? L'UNIR/MS de Me Sankara ?, Le PAI de Soumane Touré ? le PDP/PS du Professeur Ki-Zerbo ? L'OBU de Emile Paré ?. Quelles en sont les méthodes utilisées au dessous de la ceinture ? Est-ce les scissions, les débauchages avec en prime la corruption et la promesse de partage du naam ? Cela nous rappelle ce feuilleton à la veille de la présidentielle de novembre 2005, avec comme acteurs principaux le Professeur Laurent Bado et le Docteur Emile Paré dans une affaire de 30 millions FCFA. Le nom du ministre d'Etat avait été cité. Après les aveux du ministre Diallo, nous pouvons dire sans nous tromper qu'il a décomposé l'Opposition burkinabè Unie (OBU). S'il reconnaît qu'il n'est pas blanc comme neige, c'est qu'il reconnaît implicitement que c'est souvent un « sale boulot » peut-être compréhensible dans l'adversité politique. C'est la rhétorique habituelle qui accuse le CDP d'anéantir les partis de l'opposition. Les manœuvres du parti au pouvoir trouvent des oreilles attentives au sein des partis d'opposition où les intérêts individuels ont pion sur rue. Certains ne voyant pas venir l'assurance d'un plan de carrière ne résisteront pas aux envoyés du ministre Diallo. Aux résultats, des partis de l'opposition qui tirent le diable par la queue. Un CDP mastodonte sans adversaires. Comme il n'y a plus rien à abattre, les caciques se livrent à une lutte sans merci appelée « guerre de positionnement ». Cette lutte interne aurait pu avoir un intérêt sur la vie politique nationale si le CDP se décomposait. Hélas !

Nabi Youssfou



08/02/2008
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