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PREMIER MINISTRE/Pourquoi Blaise Compaoré a choisi Tertius Zongo ?

PREMIER MINISTRE

Pourquoi Blaise Compaoré a choisi Tertius Zongo ?

 

Le 4 juin dernier, l’opinion nationale et internationale prenait connaissance du nom du remplaçant de Ernest Paramanga Yonli : Tertius Zongo. C’est un personnage très connu pour avoir été ministre de l’Economie et des finances et porte-parole du gouvernement de Kadré Désiré Ouédraogo. Mais est-ce que ce background suffisait pour faire de lui un premier ministrable ? Mais le nouveau premier ministre revient d’un séjour à Washington et dans les institutions de Breton Wood. Un atout pour un pays lié à ces institutions par un cordon ombilical.

 

La nomination de Tertius Zongo vient confirmer une constante dans le choix des premiers ministres de Blaise Compaoré. En effet, il a toujours fait le choix d’hommes qui sont au début moins politiques qui ne lui feront jamais ombrage. Mais l’exception a été faite avec Roch Marc Christian Kaboré qui avait une assise économique et politique avant d’être premier ministre mais avait besoin de ce poste pour grandir davantage. Tous les premiers ministres sont des pions dans les mains du Président Compaoré qui les déplace à sa guise. C’est lui qui les a fait grands et ils ne prononceront pas un seul discours sans penser à lui. Mais après Youssouf Ouédraogo, Roch Marc Christian Kaboré, Kadré Désiré Ouédraogo et Ernest Paramanga Yonli, les Burkinabè s’attendaient plus à un homme de poigne.

 

Qui est le nouveau Premier ministre ?

Tertius Zongo a été ministre de l’Economie et des Finances de 1997 à 2000. Il était doublé de la casquette de porte-parole du gouvernement. De ce fait il était l’un des ministres les plus présents sur les écrans de la télévision nationale soit pour signer des accords avec les partenaires, soit pour parler au nom du gouvernement sur une question d’intérêt national. En effet, à cette période, il y avait le drame de Sapouy.

Le passé de Tertius Zongo nous a laissé un grand souvenir. En tant que porte-parole du gouvernement, c’était un beau parleur, un « faiseur de vérité » etc. L’homme ne tardait pas à mettre son doigt au feu pour donner une véracité à ce qu’il disait. Mais il aurait été remercié à la mise en place du gouvernement de protocole sans management. Par conséquent, on l’a senti dans une interview accordée au quotidien Le Pays avant sa nomination à Washington. De son expérience au gouvernement, Monsieur Tertius Zongo avait suggéré que pour la formation d’un gouvernement, l’accent soit mis sur des hommes qui avaient peur de Dieu. En son temps, nous nous sommes demandés s’il avait une rancoeur parce que son éviction n’avait pas été faite dans les règles de l’art (le prévenir) ou s’était-il trouvé une âme de pasteur ? Maintenant qu’il est premier ministre, il devrait se rappeler de ses suggestions. Il devrait pouvoir transformer ses vœux en réalités. Mais ne nous trompons d’analyse, le Président Compaoré reste le maître du jeu. Il est le seul à savoir ce que Tertius Zongo est revenu faire.

 

Blaise Compaoré n’avait-il pas mieux que Tertius Zongo ?

Tertius Zongo que nous avons connu précédemment n’avait pas la posture d’un premier ministrable. Si tel était le cas, il aurait fallu le nommer avant Paramanga Ernest Yonli même si en 2000 il n’était pas l’homme providentiel.

Sa nomination peut paraître une surprise. Mais le dernier poste d’ambassadeur aux Etats-Unis a été un élément déterminant dans le choix du Président. Parce qu’on parle beaucoup d’économie, de finances et d’apports des institutions de Breton Woods dans nos pays qui se cherchent dans leur sous-développement. Pourtant, Tertius Zongo a été à l’école du Fonds monétaire et de la Banque Mondiale pendant son séjour à Washington. Rien que pour cela il se présente comme un bon élément pour donner confiance aux institutions financières qui louent tant la gestion des autorités burkinabè. Certainement que Tertius Zongo étant le représentant du Burkina dans ces institutions, il a apporté beaucoup dans la confiance accordée à son pays. Des nos nominations de premiers ministres dans nos pays, il y a bien longtemps que ces institutions imposaient leur pur produit à ces postes. Par conséquent, la nomination de Tertius Zongo pourrait maintenant remplir cette condition.

Les relations du Burkina et des Etats-Unis sont maintenant au beau fixe. Avec l’élection du Burkina au Millénium challenge Account (MCA), dossier suivi de bout en bout par l’ambassadeur Zongo, sa nomination se présente comme une valeur ajoutée pour obtenir plus de confiance et d’argent frais de la part des Américains.

Il y a bien d’autres raisons de contexte national qui ont milité en faveur du nouveau premier ministre. En effet, la répartition régionale du pouvoir imposait au président Compaoré de donner un peu de pouvoir à une région ou une ethnie qui n’a pas une personnalité à la tête d’une institution. Le centre-ouest, le Sahel, le centre-sud et le sud-ouest étaient en compétition. Cette fois c’est le centre-ouest qui a eu le jackpot après l’Est.

Le président du Faso pourrait être un superstitieux, il avait pris Paramanga pour calmer la crise de Sapouy. Maintenant, il prend un Zongo pour qu’il aille régler le dossier de son « frère  Norbert » en famille. En nommant Tertius Zongo, le président Compaoré pourrait résoudre en même temps la destination probable de Ernest Paramanga Yonli.

 

Qu’attendre de Tertius Zongo ?

A moins que Tertius Zongo ne se soit métamorphosé à Washington, il ne peut pas être un homme de rigueur là où les Burkinabè l’attendent : la bonne gouvernance, la corruption, le dialogue, la justice etc. Rigueur dans l’économie et les finances peut-être. La continuité dans la routine. Le cap sur les reformes à satisfaire les planificateurs du développement assis de l’autre côté. Beaucoup de libéralisme. Les conséquences sont déjà connues. Les travailleurs connaîtront la misère des privatisations, la cherté des produits de première nécessité avec des indicateurs macroéconomiques au vert.

Au total, le président Compaoré en nommant un ancien ministre de son régime n’avait aucunement l’intention d’innover. En prenant Tertius Zongo nous avons l’impression que le carquois du président ne contient plus assez de flèches ministrables. Mais quel que soit l’homme qu’il choisit, c’est pour le servir d’abord. Nous gageons que Tertius Zongo n’aura pas besoin de régler les problèmes des Burkinabè pour que son action soit appréciée pourvu que les institutions financières et les partenaires bilatéraux apprécient ce pourquoi il est revenu faire. Les Burkinabè n’attendent pas non plus du miracle mais ils rêvent de la répartition des fruits de la croissance, de voir l’argent qui leur est destiné les parvient. Ils ne se laisseront plus berner par le beau parleur, il faudra du pragmatisme, du concert.

Nabi Youssfou



11/01/2008
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