repères, Il y a des valeurs........

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Magistrats et journalistes burkinabè/Pourquoi veulent-ils nous mettre en conflit ?

Magistrats et journalistes burkinabè

Nous pensons à notre humble avis que le débat d’aujourd’hui n’est pas celui entre la presse et les magistrats. En effet, ceux qui ont envoyé L’Evénement en justice savent très bien que leur honneur ne sera pas rétabli au détour d’un procès en diffamation. François Compaoré ne fera plus la Une de nos journaux si et seulement si la justice nous trouve les assassins de Norbert Zongo. Ce n’est pas en faisant fouetter les journalistes par les juges que ce problème sera réglé. Si nous sommes toujours là, c’est qu’ il y a des gens qui ont refusé de rendre justice à tout un peuple qu’ils ont juré de servir. Ce n’est un secret pour personne que les juges sont acquis et rampent devant les portes des puissants du moment. Magistrats et journalistes burkinabé, ils veulent nous cogner les têtes. Nous avons presque les mêmes objectifs à défendre.

Nous nous aidons malgré tout

Les magistrats de bonne foi savent que les journalistes dans les comptes rendus, analyses ou commentaires ont toujours porté haut les revendications de leurs syndicats respectifs. En effet, le Syndicat Burkinabè des Magistrats (SBM) s’est toujours plaint des affectations dites arbitraires, nous nous sommes chargés à plusieurs reprises de faire entendre leur voix. Aussi les journalistes ont-ils relayé leurs frustrations quant à la discrimination des honneurs et des avantages accordés aux pouvoirs exécutif et législatif. Nous avons noté ces dernières années la relecture du statut particulier de la magistrature et les réformes en cours dans la justice. C’est la conjugaison des récriminations de part et d’autre qui ont fait naître cette prise de conscience des autorités à faire quelque chose. Même si au fond, le fonctionnement de la justice pose toujours problème.

Les leçons que certains juges et avocats nous donnent

Il y a eu en janvier deux procès en diffamation contre L’Indépendant et L’Evénement. En effet, nous avons entendu des juges et avocats nous dire que nous accusons gratuitement des citoyens soit de vols ou d’assassinats sans preuves. Par conséquent, nous touchons à l’honorabilité de ces citoyens. Pour cela pour éviter d’être traîné en justice, il y a lieu de connaître religieusement le Code de l’information pour savoir ce que nous encourons en écrivant sur ces citoyens. Pour les preuves, nous devons nous rassurer de la véracité des faits avant de les publier. Cela est connu des journalistes. Mais la simplicité avec laquelle ils évoquent la question des preuves nous avons l’impression qu’à l’école de journalisme de certains juges, nous avons l’obligation d’être présents les jours et aux lieux des détournements des deniers publics. Nous devrions être à Sapouy le 13 décembre 1998 pour voir que si François Compaoré était dans les parages, pour avoir la conviction qu’il pourrait être le commanditaire du drame qui a emporté Norbert Zongo, Ernest Zongo, Blaise Ilboudo, et Ablassé Nikiéma. Malheureusement, les commanditaires et les exécutants n’ont pas eu besoin de la presse pour couvrir leur bestialité indescriptible. De la même manière quand les juges acquis et corrompus prennent les dessous de table, nous ne sommes pas non plus invités à couvrir l’événement. Pourtant, ce ne sont pas les exemples qui manquent. Nous avons consulté le rapport sur la corruption dans la justice. Ce sont les plus arrogants et zélés qui tordent la loi pour des intérêts bassement matériels. C’est de la diffamation n’est-ce pas ? Nous nous sommes rendu compte qu’il était plus facile pour un journaliste de réunir les preuves qu’à un juge d’en trouver.

Ces juges qui ont démissionné

Chacun fait son travail comme dirait l’autre. Il s’agit bien aujourd’hui du travail bien fait. En effet, le travail qui est apprécié au palais est médiocre. Nous l’acceptons mais chaque jour que Dieu fait la justice enregistre plus de déceptions que la presse. Nous aurions souhaité que le Centre pour la gouvernance démocratique initie un sondage pour nous départager. Là n’est pas la priorité. Les cas d’impopularité sont légion. Ce sont les dossiers pendants dont les juges acquis se sont assis là-dessus qui terniront toujours l’image des juges et de la justice. Des familles de victimes qui réclament justice depuis des années au lieu que le ministère public (défenseur de la société) les aide à retrouver les coupables, il œuvre à apporter les preuves qu’ils n’existent pas. Nous n’avons pas fait le Droit mais nous ne pensons que le ministère public fait bien son travail. S’il ne le fait pas qu’il permette à la presse de rechercher les suspects, les présumés coupables. Si cela vaut que nos journaux soient traînés devant les tribunaux pour des évidences, les juges peuvent continuer à menacer les journalistes, à crier sur eux (leurs grands frères de loin). Il nous demande d’aller boire le Code de l’Information. Nous avons déjà fait ou nous allons le faire. Mais les questions qui fâchent seront toujours abordées. Même la corruption des juges. Les donneurs de leçons ne sont pas saints. Au baromètre de la démocratie, la presse a une place envieuse. Si le quatrième pouvoir ne fonctionnait pas comme le troisième (le judiciaire) il y a bien longtemps qu’on était proche de la Côte d’Ivoire. Les indicateurs présagent que le chaos de ce pays viendra du palais.

Nabi Youssouf



20/11/2007
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