repères, Il y a des valeurs........

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Interview du Président du Faso/Le palais de Kossyam est-il le reflet de la misère du peuple ?

Interview du Président du Faso
Le palais de Kossyam est-il le reflet de la misère du peuple ? 


Dans quel contexte le Président Compaoré a voulu se prêter aux questions des journalistes ? Pas d'événement particulier à faire coïncider. La dernière fois, quand il s'est donné à cet exercice, c'était le 5 août 2004. Pour une interview, il fallait bien que des personnes fassent la demande ou que le Président l'ait suscitée. Néanmoins un événement se crée et l'interview du président en est un. Cela est à mettre à l'actif de ceux qui ont eu l'idée. Des journalistes certainement ! Contrairement à une idée préconçue du Président Compaoré, ils ont fait « mousser » une interview qui lui a permis de faire croire qu'il est collé aux réalités du pays.

Se mettre à la place des populations

Nous avons entendu le président Compaoré dire qu'il se mettait du côté des populations quand il abordait les questions des réalisations dont elles bénéficiaient où espèreraient en avoir. Nous convenons avec lui qu'étant élu par elles pour qu'il leur apporte le bien-être. Cependant, le président Compaoré connaît-il réellement les réalités des populations ? Peut-il du fond de son palais luxueux, devant la caméra nous faire croire qu'il sait ce que veulent les populations ? Quand le président Compaoré égrène les besoins primaires (centre de santé, école, forages, routes) est-il satisfait en 20 ans l'état des lieux ? Nous savons que la majorité des Burkinabè aura l'interview sous forme de commentaires en langue nationale, mais ne pourront pas imaginer comment le lieu de l'interview contraste avec leurs taudis emportés par les eaux. L'intérêt de cette interview est d'avoir permis de voir un pan du palais de Kossyam qui continue de susciter des interrogations. Selon ce qui a déjà été dit sur la réalisation de ce dernier et autres infrastructures, il s'agit pour les concepteurs de « relever les défis de notre temps ». les populations et les autorités ont –elles les mêmes défis ? Le président Compaoré reconnaît que les populations ont besoin des services sociaux de base cités plus haut. Pendant 20 ans, ce sont ces défis qui devraient être les priorités du régime Compaoré. Qu'en est-il ? Peut-être que la ville de Ouagadougou ne se plaint parce qu'ayant profité de certaines circonstances pour bénéficier de certaines infrastructures. Cependant, les populations dans la ville ont des difficultés pour accéder aux services sociaux de base. Que dire de celles en dehors de Ouagadougou. La plupart du temps, les financements sont acquis pour leur permettre de bénéficier de la réalisation de certains services. Hélas, la moitié de l'argent reste à Ouagadougou. Le reste ne permet pas de réaliser grande chose. Néanmoins on réalise quelque chose pour pouvoir justifier. Quelques temps après l'infrastructure cède. C'est de cela que le président Compaoré parle d'inexpérience dans l'exécution des marchés publics. Le naeud du problème, c'est la mauvaise foi, c'est la cupidité. Le gros de l'argent ne sert pas à construire l'infrastructure mais va dans les comptes individuels. Ce ne sont pas les exemples qui manquent.

Le Président Compaoré ne se sent pas bien

En 20 ans de pouvoir (24 ans si le CNR est pris en compte), le président Compaoré dit se sentir bien pour œuvrer toujours pour le bien-être des populations. En effet, le président Compaoré voudrait dire qu'il n'est pas encore atteint par l'usure du pouvoir ou la sclérose. Ces adeptes disaient la même chose avant sa candidature forcée à l'élection présidentielle de 2005. Cependant, il reste très vague et très flou sur son départ du pouvoir en 2015. Il dit se concentrer sur le présent où il a beaucoup à faire. Nous avons déjà entendu cette phrase quand on lui demandait en 2004 s'il était candidat en 2005. En conséquence, le président Compaoré ne sait jamais ce qu'il veut faire demain. Aussi, a-t-il ajouté qu'il reviendra au peuple d'en décider. Nous le voyons venir. Va-t-il demander un référendum en 2015 ? Les députés vont-ils encore modifier la constitution ? Les associations de la société civile vont-elles encore réclamer sa candidature ? Certaines ont déjà demandé que le verrou de la limitation du mandat saute. Si le Président Compaoré pensait quitter le pouvoir, il le dirait au peuple. C'est une décision personnelle, c'est la vision qu'il a de la démocratie. Un jugement du peuple ne peut être qu'une imposition et une mise en œuvre. Le président Compaoré se sent peut-être bien pour continuer sa mission « messianique » après celle démocratique. Si l'on comprend bien, 20 ans c'est l'âge de la majorité, ce n'est rien. Il leur reste à grandir et être adultes. Ce que les Burkinabè ont vu et subi n'est pas rien non plus. L'interview a révélé une fois de plus ses tares. En 20 ou 24 ans de pouvoir, le président n'a pas appris à bien parler, à être éloquent et convaincant. La manière d'aborder la question des diplomates renvoyés du ministère a frustré plus d'un.

Parce que le président Compaoré n'a toujours pas une bonne vision de la liberté démocratique. Comment peut-il faire un lien entre la compétence et le droit syndical ? Tous les travailleurs qui sortent et portent des jeans et des pancartes pour revendiquer, ne sont-ils pas compétents ? En quoi la marche des diplomates a terni l'image du Burkina ? Si le président Compaoré estime que ces diplomates ont insulté leur pays parce qu'ils ont exigé de meilleures conditions de travail et de vie, c'est qu'il n'est pas juste. Nous avons toujours pris l'exemple des événements des 19, 20, 21 décembre 2006 où des militaires ont fait la loi à Ouagadougou et dans certaines grandes villes du pays. Ces événements ont contraint le président Compaoré à ne pas terminer le Forum des jeunes. Plus grave, il était obligé de reporter le sommet de la CEDEAO où il devait être porté à la tête de cette organisation. Pendant une semaine, le Burkina, le pays le plus paisible de la sous région était sous les feux de l'actualité. Aucune autorité aussi forte et puissante soit-elle n'est sortie pour dire le moindre mot. Jusqu'aujourd'hui, aucun mot déplacé n'a été utilisé pour qualifier ces événements. Qu'on le veuille ou pas, l'image du Burkina paisible a été ternie au-delà des frontières. Le président Compaoré en manquant de diplomatie nous a instruits sur des points. En effet, ce n'est pas Youssouf Ouédraogo qui a eu l'idée de la sanction. L'idée qu'a le Président Compaoré de la liberté démocratique ou du droit syndical nous inquiète parce qu'il les voit sur le plan de l'adversité, de la contestation de son pouvoir. Pourtant, il a vanté à plusieurs reprises dans l'interview l'avancée des libertés. Les prochaines décisions judiciaires seront fonction des propos du premier magistrat. Si après 16 ans de démocratie, le Président Compaoré ne colle toujours pas son discours à la réalité, c'est qu'il n'a jamais cru à toutes ces valeurs. La preuve, est-il nécessaire que des citoyens soient tués dans la revendication desdites valeurs ?

Nabi Youssfou



03/11/2007
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