repères, Il y a des valeurs........

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Assassinats de Piéla et de Bolpouré/Des grosses épines aux pieds de Bassolet

Assassinats de Piéla et de Bolpouré
Des grosses épines aux pieds de Bassolet


Nous nous serons abstenus d’écrire cet article si notre confrère Sy Shériff n’avait pas été convoqué pour répondre pendant trois heures (15h à 18h) à la simple question : où et comment avait-il eu ces documents riches d’informations ? Nous avons jugé la question simple par la réponse que les responsables de la police auraient pu trouver la réponse dans leur maison sans déranger le confrère. Parce qu’ils savent très bien que la source d’information ne saurait être livrée au nom de nos principes sacro-saints du journalisme. C’est bien vrai que la presse passe un sale temps actuellement où que n’importe quel quidam peut convoquer un journaliste où il veut et quand il veut. Mais, le comble est que les dossiers sur les assassinats de Bolpouré et de Piéla n’ont pas avancé. Les responsables de la police n’ont pas mieux à faire que de convoquer un journaliste qui a écrit pour comprendre après tout ce qui est dit dans le rapport. pourquoi les coupables sont-ils toujours en liberté ?

Le mea culpa du directeur général de la police

De Bolpouré à Piéla, les premiers responsables ont toujours caché ou tronqué la vérité sur des assassinats qui ont terni l’image des forces de sécurité. Nous avons encore en mémoire les parents des victimes de Bolpouré qui ont poireauté à la direction de la police nationale sans avoir la moindre information sur ce qui est arrivé à leurs enfants. On les fait balader de commissariat en commissariat sans avoir la moindre information. Pour le cas de Piéla, dès les premiers jours, les premiers responsables de la Police, aidés par le correspondant de l’Agence d’Information du Burkina de la Gnagna ont voulu conditionner l’opinion par une information fabriquée. Le Directeur général de la police nationale qui avait publié un communiqué laconique où il informait l’opinion que les trois personnes ont été abattues dans les échanges de tirs avec ses éléments. Heureusement, l’Indépendant était sur les lieux aux premiers jours du crime. Après l’enquête administrative, sa lettre au ministre dit ceci : « De ce rapport, il ressort des doutes sérieux non seulement sur la participation des trois personnes à l’attaque de ce jour là, mais aussi sur leur qualité de coupeurs. Par contre, de la volonté délibérée du directeur provincial de la police nationale de la Gnagna d’en finir avec ces personnes, aucun doute n’est permis, puisque les précautions d’usage n’ont pas été observées et c’est de façon désinvolte que l’ordre de les abattre a été donné ».Ce résumé fait par lui-même tranche avec le premier communiqué qu’il avait publié. Dans quel état était-il quand il a reçu le rapport de la mission qu’il a envoyée dans la zone ? Après leur enquête, il n’a même plus daigné rectifier l’information qu’il avait donné dans son communiqué au lendemain des tueries. Pourtant, l’opinion en avait besoin. Nous pensons que c’est le manque de communication qui est la cause de la diffusion des informations que l’on n’aurait pas voulu retrouver sur la place publique. Le Directeur de la police nationale avait reconnu l’existence d’un léger disfonctionnement de la communication après les assassinats de Boulpouré. Que ceux qui ont menti sur les assassinats de Piéla assument leurs mensonges.

Il n’est pas question de couvrir des crimes

Un constat s’impose, de Bolpouré à Piéla, le mode opératoire des forces de police était semblable. En effet, elles ont abattu froidement des citoyens sans avoir pris des précautions sur la présomption d’innocence de ces derniers. Il ne faudra pas que les policiers s’inscrivent dans cette habitude dans leur lutte contre l’insécurité. Comme des chasseurs qui n’ont rien eu dans leur chasse, retournent à la maison pour abattre la volaille. Nous avons encore en mémoire les assassinats des policiers vers Koupéla en 2004, la presse touchée par cet acte très lâche avait interpellé les premiers responsables sur les conditions de vie et de travail de nos forces de sécurité. Mais nous n’avons jamais imaginé que le matériel que nous avons demandé pour elles allait servir à tuer de simples citoyens. Il y a au moins une certitude, des policiers ont tué des personnes innocentes à Boulporé et à Piéla. Pour se justifier ils parelnt d’échange de coups de feu alors qu’il n’en est rien. pourquoi sont-ils toujours en liberté ? C’est à cette question que les autorités policières et judiciaires devraient répondre au lieu de convoquer des journalistes pour leur demander de livrer leurs sources d’information. Si c’est parce que les accusés de Bolpouré sont en liberté que ceux de Piéla le sont, il revient au ministre Bassolet d’avoir le courage de livrer ses éléments pour l’exemple. Bien vrai qu’ils ont commis ces bavures dans l’exercice de leurs fonctions mais ces crimes puent la négligence, le manque de professionnalisme. Logiquement, Bolpouré devrait servir de leçon à ceux de Piéla mais il n’y a pas eu de leçon. Nous doutons de la rigueur du ministre Bassolet qui ne s’applique qu’aux étudiants, aux commerçants, aux opposants et aux élèves policiers. Les crimes de Bolpouré et de Piéla ont hissé la police à une place qui était occupée par le Conseil. Lequel est devenu tristement célèbre pour un type de crimes. Il n’y a pas plusieurs solutions : les policiers accusés devraient répondre de leurs crimes. L’option de l’impunité pour soi disant ne pas démobiliser la troupe n’est qu’un faux fuyant. Parce qu’après Bolpouré, le ministre Bassolet n’a pas manqué l’occasion de remonter le moral de la troupe. Pourvu que ce qui se présente comme une faveur ne serve pas de chantage pour les premiers responsables l’endroit des fautifs. Souvent, il n’y a rien sans rien.

Nabi Youssfou



20/11/2007
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