repères, Il y a des valeurs........

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20è anniversaire de pouvoir de Blaise Compaoré/Grande fête de la terreur militaire et politique

20è anniversaire de pouvoir de Blaise Compaoré

Grande fête de la terreur militaire et politique 

Les militaires et civils « démocrates » du jour qui règnent depuis l'horizon d'une génération veulent faire du 20ème anniversaire leur jour de gloire, de victoire. Ils ont trouvé l'expression qui devrait couvrir tout ce qu'ils ont fait subir à des citoyens au nom de l'intolérance et du refus de la différence : la renaissance démocratique. Certes, il y a eu le retour de la démocratie au Burkina parce qu'il y avait des facteurs externes et internes qui étaient contraignants et favorables. Le Capitaine Blaise Compaoré n'avait pas le choix d'accepter l'ouverture, même s'il est arrivé à la contrôler.

La rectification et la renaissance démocratique

Le 15 octobre 1987, le mot « rectification » prenait place dans le vocabulaire politique des nouveaux dirigeants. Quel contenu avaient-ils donné à ce mot ? Ils ont simplement changé quelques dénominations de structures et organisations du CNR pour leur donner la marque du nouveau régime. La majorité des acteurs de l'ancien régime était là. Il ne manquait que ceux qui étaient tués ou qu'on suspectait d'être liés au défunt président. L'enfer du Front Populaire s'est abattu sur bon nombre d'entre eux. Ils ont connu les lieux de détention célèbres dans la torture. Les plus chanceux ont été ceux qui ont pu franchir les frontières pour l'exil. Peut-on dire qu'on était déjà en démocratie, en ce temps ? Le capitaine Blaise Compaoré avait-il pris le pouvoir pour faire renaître la démocratie ? Combien de coups d'Etat sanglants ont instauré la démocratie en Afrique avant 1990 ? Est-ce qu'en démocratie sur la base d'une rumeur de coup d'Etat ou de coup d'Etat monté a-t-on le droit d'exterminer les présumés putschistes ? Le Commandant Jean Baptiste Lingani et le capitaine Henri Zongo auraient eu peut-être la vie sauve en 1989 si le Burkina était en démocratie. Après le sommet de la Baule, la renaissance exigeait-elle l'élimination des potentiels adversaires ? C'est le début de la décennie 90 qui marque l'ouverture démocratique, au Burkina, on n'avait pas l'impression d'avoir commencé. En effet, en mai 1990, une répression sur le campus universitaire a eu pour conséquence la disparition de l'étudiant Dabo Boukari, l'enrôlement d'étudiants dans l'armée et l'entrée dans la clandestinité des dirigeants de l'Association Nationale des Etudiants Burkinabè (ANEB). Leur crime : avoir réclamé plus d'ouverture démocratique. Des exemples ne manquent pas pour illustrer les moments douloureux de la terreur pendant leur renaissance démocratique. En effet, pendant la rédaction de l'avant-projet de la constitution, certains étudiants membres de la commission constitutionnelle qui participaient aux débats ont été enlevés, enfermés dans des coffres de voiture et conduits au Conseil. Dans la même période, les mouvements et les maisons des opposants étaient permanemment surveillés. Certains opposants ont même eu les fenêtres de leurs maisons défoncées pour être enlevés. Les exemples les plus cruels sont ceux de Monsieur Moctar Tall mitraillé dans sa voiture, et d'Oumarou Clément Ouédraogo tué par une grenade lancée dans sa voiture le 9 décembre 1991 en pleine ville. Ces exemples sont cités pour rappeler à ceux qui ont posé ces actes ignobles qui vivent toujours et sont entrain de théoriser sur « la renaissance démocratique » avec Blaise Compaoré que toute cette période n'a été que du terrorisme. Des compatriotes ont payé de leur vie pour qu'ils conservent leur pouvoir qui pouvait leur échapper dans le cadre d'une vraie ouverture démocratique. Ils appelleront cela des péripéties dans la marche d'un pays. Ce n'était ni incontournable et indispensable. C'était plutôt la suite d'un régime de terreur. En 1995 et 1998, le régime en avançant dans sa démocratie devait pouvoir éviter certaines erreurs du passé. Le 9 mai 1995, des gendarmes tirent sur une foule d'élèves à Garango et en tuent deux. Le refus de l'instauration d'une démocratie véritable atteint son seuil. Le 13 décembre 1998, une décennie après leur renaissance, le journaliste Norbert Zongo et ses trois compagnons sont carbonisés. C'est en démocratie que cela s'est passé. Dans cette dernière, la logique est que la justice amorphe n'a jamais trouvé de coupables. C'est un rappel. Chose que les coupables n'aiment pas entendre ou lire. Ils veulent que nous louons que c'est grâce à eux nous aussi nous respirons de l'oxygène. Puisque la renaissance démocratique avait pour devise : « si tu fais, on te fais et il y a rien ». Si tu fais quoi ? Si tu parles des perversités de leur renaissance, de leur richesse subite, de leur luxe, etc.

En avant pour la renaissance matérielle !

Le 15 octobre 1987, la proclamation lue qui annonçait la fin du CNR disait : « le Front Populaire regroupant les forces patriotiques décide de mettre fin au pouvoir autocratique de Thomas Sankara, d'arrêter le processus de restauration néocoloniale entrepris par ce traître à la révolution d'août… ». Après vingt ans, c'est le président Blaise Compaoré qui est au pouvoir. Il ne pense même pas partir. pourtant la démocratie est là. Entre lui et Thomas Sankara qui est autocratique ? Qui des deux voulait le pouvoir pour tant d'années ? Thomas Sankara est excusable parce qu'il dirigeait le pays qui était dans un Etat d'exception. Nous avons appris qu'un enseignant pouvait se faire licencier pour un sac de couscous sous le CNR. Aussi avons-nous appris que les anciens dignitaires de la troisième république avaient été jugés pour leur gestion jugée non exemplaire des affaires publiques. En somme, l'on a parlé de détournements. Au delà du fait que les jugements se déroulaient dans des conditions dignes d'un Etat d'exception et ont été revus, c'est une autre philosophie de l'importance du bien public qui était enseignée. Depuis vingt ans, détourner les deniers publics, utiliser abusivement les biens publics sont des actes de responsabilité et sont encouragés. L'on comprend pourquoi le 15 octobre 2007, bon nombre des dignitaires qui en bénéficient pourront sabrer le champagne. En effet, tous ont occupé des postes de responsabilité sous ce régime. D'autres ont compté leurs propres millions ou milliards étant fonctionnaires de l'Etat. Certains en 20 ans ont eu ce que le richissime Kanazoé a mis du temps et de l'énergie à chercher en 50 ans. Des records Guinness ! C'est cela la renaissance. Prenons l'exemple, un fils de pauvre qui a débarqué d'une université africaine ou occidentale ou d'une école militaire pour servir le Burkina si pauvre. Le 15 octobre 1987 grâce au capitaine Blaise Compaoré est devenu grand, riche et puissant. Pourquoi il ne fêtera pas sa renaissance. Quant à la renaissance démocratique, c'est un discours politique rattrapé au fond par des crimes, de la terreur politique. Cela ne s'oublie pas. La fête ne peut-être que des funérailles.

Nabi Youssfou



03/11/2007
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