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VIIè Forum sur la Gouvernance en Afrique/L’Etat burkinabè, un Etat capable, efficace et intelligent ?

VIIè Forum sur la Gouvernance en Afrique

 

L’Etat burkinabè, un Etat capable, efficace et intelligent ?

 

Le Burkina Faso abritera du 24 au 26 octobre 2007 le VIIè forum sur la gouvernance en Afrique sur le thème central : « Renforcer la capacité de l’Etat en Afrique ». En effet, le Burkina a organisé des consultations nationales les 16 et 17 août derniers pour enrichir et approfondir les quatre thèmes sur lesquels il compte apporter sa contribution audit forum.

 

Les consultations nationales ont réfléchi sur les thèmes tels que la redéfinition du rôle de l’Etat et les problèmes de développement, le rôle des acteurs non étatiques dans la construction d’un Etat capable, le renforcement des capacités institutionnelles et humaines du secteur public et l’amélioration de la façon dont l’Etat s’acquitte de ses obligations au moyen de la décentralisation de la gouvernance. En effet ces thèmes ont été traités respectivement par monsieur Youma Zerbo, le Professeur Augustin Loada, messieurs Pierre Claver Damiba et Antoine Raogo Sawadogo aux fins de donner les pistes pour construire un Etat burkinabè capable.

 

L’Etat capable, efficace et intelligent

Dans la vision de la politique nationale de bonne gouvernance, selon monsieur Youma Zerbo : « l’Etat, au Burkina Faso, doit être un Etat capable, efficace et intelligent travaillant à appliquer la constitution à préserver la stabilité, la sécurité et la paix, à moderniser  et à renforcer le système judiciaire, à assurer le respect des droits humains, à promouvoir la participation populaire et la démocratie participative, à édifier une administration publique performante, à consolider la confiance et la légitimité des institutions de l’Etat ; à créer les conditions d’un secteur privé entreprenant et compétitif, à favoriser l’émergence d’une société civile dynamique porteuse de soutiens et de demandes ainsi que celle d’une société politique responsable, acceptant le consensus républicain et animant avec loyauté et probité l’arène politique »

Dans son exposé, monsieur Zerbo a sans complaisance fait le diagnostic de l’Etat burkinabè et proposer des solutions. Dans ce dernier volet, en proposant une solution à la réduction du coût de la démocratie un aspect a provoqué des réactions dans la salle comme en commission. En effet, monsieur Zerbo a recommandé « d’approfondir une idée comme l’exercice continu du mandat de chef de l’Etat à l’horizon d’une génération avec toute fois une procédure populaire de destitution en cas de manquement grave à la règle de bonne gouvernance ». Pour un atelier sur la bonne gouvernance, c’était une réflexion déplacée. Si c’était un clin d’œil à son mentor qui vient de le nommer directeur général de l’ENAREF, il ne lui reste qu’un mandat pour atteindre le mandat à l’horizon d’une génération.

Dans la première commission, les participants devraient déterminer les forces, les faiblesses, les défis et les opportunités de l’Etat burkinabè pour approfondir le thème sur le rôle de l’Etat. En effet, ils ont reconnu que l’existence de l’Etat et ses institutions démocratiques, la tenue des élections, la stabilité politique, les réformes institutionnelles, l’existence d’une politique de bonne gouvernance sont autant de forces à mettre au compte de l’Etat burkinabè.

Quant aux faiblesses, elles sont toujours relatives à l’application des projets et programmes venus de l’extérieur, au laxisme, à la lenteur administrative, le non respect du bien public, à la politisation de l’administration, à la corruption, à l’impunité, le train de vie de l’Etat, la méconnaissance par les citoyens du rôle de l’Etat et le manque de vision de l’Etat-stratège etc.

Ces faiblesses étaient aussi nombreuses que les premiers responsables demandaient un rééquilibre avec les forces « pour rester dans la limite du raisonnable ». Cependant, il faut reconnaître que ce déséquilibre montre que l’Etat capable, efficace et intelligent tant voulu reste un défi à relever.

 

Qui est acteur non étatique ?

Le sigle ANE pour désigner les acteurs non étatiques n’était pas du goût de certains participants. Néanmoins, les uns et autres ont reconnu le rôle combien capital des ANE dans le développement du Burkina. En ce concerne, l’appartenance aux ANE, il a été dit qu’un parti politique qui n’a pas d’élus en fait partie. La question a fait l’objet de longs échanges mais les responsables de la commission disaient avoir opté pour le mode opératoire pour la classification.

Certains participants se sont demandés si les partenaires techniques et financiers accepteraient financer les partis politiques en tant qu’acteurs non étatiques ?

Du rôle de contre-pouvoir des organisations de la société civile, l’unanimité est faite sur le rôle du Collectif contre l’impunité qui a permis à la démocratie d’avancer au Burkina. Au même moment, il s’est posé la question de l’alliance entre la société civile et les partis politiques mais les participants ont apprécié positivement certaines alliances telle que celle évoquée précédemment.

Des autres thèmes tels que la décentralisation, les consultations nationales ont constaté que la communalisation intégrale est en marche mais il est recommandé à l’Etat d’entreprendre « avec audace et confiance, le transfert des compétences et des ressources aux collectivités locales ».

Quant au renforcement des capacités de l’administration publique, il doit édifier une administration publique performante axée sur les résultats.

Ce qui nous a marqué en dehors des débats est la simplicité de ces consultations. En effet, elles ont été ouvertes, présidées et closes par le ministre de la fonction publique et de la réforme de l’Etat, monsieur Seydou Bouda. Aucun de ses collègues n’a fait un tour en ce lieu. Vacances obliges nous dira-t-on mais en octobre, vu l’importance de cette rencontre continentale, d’autres personnalités lui raviront la vedette.

En marge du forum, il est prévu un colloque sur les médias. En rappel, à Kigali en 2006, le président Blaise Compaoré avait exigé du professionnalisme aux journalistes. Quand il est revenu à Ouagadougou, il a été mis en place à l’Université de Ouagadougou, l’Institut panafricain d’étude et de recherche sur les médias, l’information et la communication (IPERMIC). Pour le journaliste burkinabè, le professionnalisme passe par la formation mais aussi par la convention collection qu’il souhaite de tous ses vœux. Un pas est en train d’être fait dans ce sens. Si le président Compaoré y croit, il est temps qu’il mette la volonté politique pour aider la presse burkinabè. Le reflet de sa démocratie.

Nabi Youssfou

 

 



06/12/2007
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