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Situation nationale/L’opposition a-t-elle raté sa lecture politique?

Situation nationale

L’opposition a-t-elle raté sa lecture politique?

 

Les différentes émeutes déclenchées à Bobo, Ouagadougou, Banfora et Ouahigouya ont donné lieu à différentes lectures de la situation nationale par les partis politiques. En effet, les déclarations du Congrès pour la démocratie et le Progrès (CDP), les partis de la mouvance présidentielle et de l’opposition conviennent au moins de la réalité de la flambée des prix et de la vie chère. Les partis politiques ont dans leur majorité condamné les casses et les actes de vandalisme. Les divergences de vue sont constatées au niveau des causes, et de la responsabilité de cette situation etc.

 

Le parti au pouvoir a rejeté l’essentiel des causes de la flambée des prix sur le contexte international. Quant à l’opposition (Groupe du 14 février et autres) et certains partis de la mouvance (le Rassemblement Démocratique des Masses (RDM) et le Parti Républicain pour l’Intégration et la solidarité (PARIS), il s’agit d’un véritable problème de gouvernance. Pour les solutions d’aucuns parlent d’une refondation de la république. Au même moment d’autres se sont réjouis de l’initiative de dialogue du gouvernement.

 

A quand la conquête du pouvoir ?

Voilà ce que dit le G-14 dans sa déclaration : « Nous avons toujours demandé que dans les situations particulières notamment de crise, dans les situations qui interpellent la nation entière , le gouvernement considère aussi que les partis politiques, notamment ceux de l’opposition, ont aussi leur mot à dire ». Aussi a-t-il souhaité qu’il ait un cadre permanent. Avec de telles analyses quand est-ce qu’ils porteront au pouvoir le coup de semonce ? Ces partis à la conquête du pouvoir se trompent-ils de combat. Doivent-ils attendre seulement les périodes d’accalmie et les échéances électorales pour faire valoir leur quête du pouvoir.

Le constat est que le Burkina vit actuelle une crise sociale. En effet, leurs propres analyses politiques font état d’une crise de gouvernance du régime du président Blaise Compaoré. Par conséquent, cette mal gouvernance serait la cause de ce qui arrive aux Burkinabè. Jusque-là nous suivons le raisonnement des partis politiques mais nous nous égarons quant aux solutions qu’ils proposent. En effet, les partis de l’opposition ont été reçus par une délégation gouvernementale pour leur faire part des nouvelles mesures prises pour lutter contre la flambée des prix. Cette démarche gouvernementale peut être critiquée parce que les autres acteurs de la vie nationale ont été rencontrés avant la prise de mesures. A la fin de ladite rencontre trois leaders politiques (Philippe Ouédraogo, Issa Tiendrébéogo et Hubert Bazié) se sont prononcés. En effet, ils ont tous loué l’initiative du gouvernement mais ont regretté qu’elle n’ait pas eu lieu plutôt. Ils ont ensuite émis le vœu que ce cadre de dialogue soit permanent. Les partis de l’opposition ont-ils déjà oublié cette phrase que le parti au pouvoir leur jette à la figure : « La majorité gouverne, l’opposition s’oppose ». L’opposition a-t-elle oublié le chef de file qu’on lui refuse ? Ou ses différents mémorandums qui dorment dans les placards ? Si l’analyse est que le régime est responsable de la crise actuelle pourquoi vouloir l’aider à s’en sortir ? L’opposition l’a-t-il aidé à créer cette situation ? Le devoir et le rôle de l’opposition sont la conquête du pouvoir. Nous comprenons pourquoi Nana Thibaut est devenu un leader politique qui porte actuellement les idéaux d’une jeunesse désoeuvrée. C’est à défaut d’une opposition politique courageuse et de leader charismatique. C’est bien normal que des partis demandent une refondation républicaine parce qu’ils estiment que la IVéme république est en faillite. Mais la grande question est : Qui fera cette refondation ? Est-ce le régime lui-même qui devrait encore initier cette refondation après avoir déclaré sa propre faillite ?

Nous savons comment les choses se passent au Burkina. En effet, il y a des partis politiques qui s’excitent chaque fois dans la crise non pas pour la conquête du pouvoir mais pour le partage du pouvoir. Ce sont ces choix qui ont conduit le Burkina vers l’absence d’alternative ou d’alternance. Nous voyons venir déjà les choses. En effet, le régime de Blaise Compaoré a peu de marge de manœuvres dans la résolution de la crise actuelle. Par conséquent, elle s’approfondira et le président Blaise Compaoré optera pour la solution politique : remaniement ministériel par exemple avec l’entrée au gouvernement des éternels solutionneurs des crises. Nous comprenons certains leaders politiques qui ont toujours le flair de pareilles situations proposent des voies de sortie de crise comme à leur habitude. Ainsi donc, ils ont encore fait le choix de ne pas se battre comme des véritables opposants. C'est-à-dire pour la conquête du pouvoir. En panne de stratégies, ils veulent encore aider leur adversaire à résoudre sa crise de gouvernance. Comment peuvent-ils être toujours démissionnaires quand le contexte leur offre l’occasion de donner un coup au régime en place ? Ça ne sera que justice rendue à ce que le ministre d’Etat Salif Diallo leur a fait.

Ce que nous disons relève de la pure théorie. Dans la pratique, ceux qui veulent le pouvoir n’y pensent même pas parce qu’ils n’ont ni les moyens ni les capacités pour le faire. Le régime de Blaise Compaoré même affaibli avec le président qui serait malade fait toujours peur à nos opposants. De surcroît des opposants qui ne savent pas quoi faire de cette situation. Ce sont des opposants hypnotisés qui attendent tous le retour du Christ. Si ce n’est même pas leur adversaire qui le Christ. C’était là leur mauvaise lecture de la crise actuelle qui secoue notre cher Burkina. Pour notre part, le Burkina est malade de sa classe politique. En panne d’alternative. Quand Nana Thibaut devient un leader politique qui paye pour la démission et l’irresponsabilité de toute la classe politique, c’est que l’avenir se trouve réellement dans le renouvellement de cette dernière.

Nabi Youssfou



07/03/2008
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