repères, Il y a des valeurs........

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Régime Compaoré et Etudiants

Pourquoi il leur fait payer toujours ?

L’Association Nationale des Etudiants burkinabè (ANEB) a organisé une assemblée générale, des meetings et une marche avortée pour permettre aux étudiants de  se  joindre aux manifestations pour réclamer la vérité et la justice sur la mort de l’élève Justin Zongo. Résultats des courses : fermeture des universités publiques du Burkina et des cités universitaires, suspension des allocations etc. Des décisions pareilles font partie des méthodes du régime du président Compaoré pour étouffer les contestations estudiantines. Çà paie toujours sans pour autant régler les problèmes qui sont posés. Ce qui fait que les crises reviennent chaque 3 à 4 ans.

En 1979 sous le régime du Général Sangoulé Lamizana, des centaines d’étudiants ont été exclus de l’Université de Ouagadougou pour fait de grève. Sous le régime du président Compaoré, la crise des années 90 qui a entrainé la disparition de l’étudiant en 7ème année de médecine Dabo Boukary a été aussi marquée par l’exclusion des membres du comité exécutif de l’ANEB de l’époque. Çà fait longtemps que les étudiants payent pour leur engagement dans les luttes. Le régime Compaoré en a fait sa tasse de café.

Quelques faits similaires

En mars 1997, le gouvernement de Kadré Désiré Ouédraogo avec Mélégué Maurice Traoré comme ministre de l’enseignement supérieur, a fermé l’université et vidé les cités universitaires de Zogona et de la Patte d’Oie pour sanctionner les étudiants qui avaient fait plus d’un mois de grève.

Le jour de la sanction, l’ANEB tenait un meeting dans la matinée sur le terrain Dabo Boukary. Le recteur de l’Université Filiga Michel Sawadogo avait invité le Comité Exécutif de l’ANEB dirigé par André Tibiri dans son bureau pour lui demander surseoir à un éventuel mot d’ordre de grève. Le premier ministre avait déjà menacé de fermer l’université. Les étudiants ont fait fi de cette menace en lançant ce jour un nouvel mot d’ordre. Vers 14 heures, la Compagnie république de sécurité a envahi les cités universitaires sommant les occupants de quitter les lieux.

Le 6 Octobre 2000, quand le même gouvernement de Kadré Ouédraogo avec comme ministre de l’enseignement supérieur, Christophe Dabiret, invalidait l’année universitaire 99-2000 et renvoyait les étudiants à leurs parents. L’année académique 2000-2001 avait commencé au premier trimestre 2001 avec leur fameuse refondation. C’est avec un nouveau ministre, monsieur Laya Sawadogo que l’Université s’est refondée et s’est toujours pas relevée de ses problèmes.

Récemment, en mi-juin 2008, il y a eu une intervention militaire à l’université de Ouagadougou qui s’est poursuivie par une fermeture de l’université et des cités. Les étudiants ont encore subi le même sort. Le gouvernement Tertius Zongo avec Joseph Paré comme ministre, a profité construire un mur en béton pour clôturer l’université de Ouagadougou. Un mur qui a coûté près du demi-milliard de FCFA. Un marché attribué nuitamment à la Belle mère nationale. La Cité Universitaire de Zogona fut transformée en bureaux de professeurs. Jusqu’à  nos jours la rénovation n’est toujours pas terminée.

La présence de cette cité à l’intérieur de l’université posait problème aux autorités. Elles ont toujours pensé que la cité de Zogona était le point de départ de la contestation. Elles avaient fini par inonder cette cité d’étudiantes. Elles ont délocalisé la cité à Kossodo. Malgré le fait que les cités soient éloignées de l’université, les autorités continuent de fermer les cités en cas de crise. Les autorités disent vouloir baisser la tension en prenant de telles décisions. Quelle que soit la justification, cela s’apparente à une méchanceté, voire une animosité. Les autorités sont toujours convaincues que c’est parce qu’elles donnent à manger et des logements aux étudiants qu’ils sortent manifester contre elles. Cela pourrait être considéré comme une ingratitude à leurs yeux. Ce qui leur fait mal, malgré les moyens qu’elles déploient pour diviser les étudiants, elles n’ont jamais pu contrôler les campus universitaires. C’est devenu un rituel que de fermer les cités et les classes

Le lourd tribut payé par les étudiants

Les étudiants ont été toujours réprimés dans leurs luttes pour l’amélioration des leurs conditions de vie et d’étude, la liberté et la démocratie. Ils ont toujours payé le lourd tribut et ils continuent de payer. Ils ont perdu un des leurs en mai 90 du nom de Dabo Boukary. Dans les évènements de Koudougou, un étudiant a été encore tué. Rappelons que dans la crise de 90, des étudiants avaient été incorporés de force dans l’armée.

En 1999-2000, les étudiants de l’université de Ouagadougou ont perdu une année pour leur engagement dans l’affaire Norbert Zongo. Le constat est que malgré tous les attributs qu’on a toujours donné à leurs luttes, manipulées ou pas,  elles ont toujours été justes et nobles. Quand ils engrangent des résultats, les Burkinabè en profitent. Nous en voulons pour preuve leur combat pour la démocratie en 1990 et 1999-2000. A cause de la désinformation et l’intoxication du pouvoir en place les luttes estudiantines sont mal perçues par les populations. Quand ils luttent, certains burkinabè les voient comme des enfants qui ne veulent pas faire l’école et veulent déranger le régime en place.

Quand leur lutte donne des résultats, ils ne sont plus les seuls à les comptabiliser comme des acquis. Même le gouvernement les comptabilise comme étant ses efforts pour mettre les étudiants dans des conditions minimales de vie et d’étude. Pour y arriver, ce sont des lacrymogènes, des matraques, la prison, la coupure des privilèges etc. Doit-on forcément passer par ces étapes pour régler les problèmes ? La réponse est affirmative pour le régime en place parce qu’il utilise toujours les mêmes méthodes. Toute revendication est l’œuvre d’une manipulation qui vise à renverser le pouvoir. Cela fait 23 ans que les revendications sont posées sans le régime ne soit renversé. Il pourrait dire qu’il veille au grain c’est pourquoi les étudiants n’arrivent. Pourtant, ils ne sont jamais sortis pour réclamer le départ du pouvoir en place. Personne ne veut renverser ce régime avec les étudiants même ceux qui sont supposés les manipuler. Nous avons en mémoire, la crise née du drame de Sapouy, après le 13 décembre 98 toutes les solutions étaient sur la table. Le régime Compaoré est toujours là. C’était sans compter avec les supplétifs du régime qui l’aident depuis 23 ans. Tout cet imbroglio politique à chaque crise permet au régime Compaoré de s’en sortir. Pourquoi il s’en sort toujours ? Soit le régime est très fort et aucune force n’est capable de lui porter chaque fois l’estocade. Soit tous ceux qui s’opposent à lui, font semblant. Ils font partie des cartes du régime en place. Nous ne voulons pas croire à cette dernière hypothèse. Si le pouvoir de Blaise Compaoré dure depuis 23 ans, nos doutes se renforcent de plus en plus.

N.Y



04/05/2011
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