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OTAN, Proche-Orient, Afrique/...Enquête sur le virage de la diplomatie française

OTAN, Proche-Orient, Afrique...

Enquête sur le virage de la diplomatie française

Le 13 juillet s’ouvre à Paris le sommet constitutif de l’Union pour la Méditerranée, un projet aux objectifs ambigus (lire « Foire d’empoigne autour de la Méditerranée »), mais que M. Nicolas Sarkozy présente comme un de ses grands objectifs de politique étrangère. Dans ce domaine plus que jamais réservé, le président a multiplié les initiatives, oubliant les déclarations sur la défense des droits humains qu’il avait martelées durant la campagne électorale et que la nomination de M. Bernard Kouchner au Quai d’Orsay devait concrétiser (lire « “Le Quai d’Orsay, c’est moi !” »). Au-delà des dysfonctionnements liés à l’exercice solitaire du pouvoir par le chef de l’Etat et à la marginalisation du ministère des affaires étrangères, se dégage une conception diplomatique « occidentalo-atlantiste » fondée sur l’alliance avec les Etats-Unis et sur la perception que les transformations du monde sont menaçantes pour l’Occident. Cette vision imprègne la gestion de tous les dossiers, de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) au conflit israélo-palestinien, du nucléaire iranien à la crise libanaise. Mais, parfois, la dure réalité et les intérêts économiques et stratégiques, en Afrique par exemple (lire « Signaux contradictoires sur le continent noir »), ramènent le président à une politique plus traditionnelle.

Par Alain Gresh

Naguère l’exercice était banal, presque routinier. La France élisait un président ; un an plus tard, le journaliste chargé de faire le bilan de sa politique étrangère énonçait le même constat, résumé en un mot : continuité. Dans ce « domaine réservé », le consensus s’imposait à la gauche comme à la droite depuis que Charles de Gaulle en avait, après 1958, fixé les grandes lignes. La victoire en 1974 d’un candidat non gaulliste, M. Valéry Giscard d’Estaing, n’avait entraîné aucun tournant majeur, ni celle de François Mitterrand, pourtant réputé atlantiste et proche d’Israël.

Avec l’élection de M. Nicolas Sarkozy, le 6 mai 2007, quelque chose a changé. D’ailleurs, l’Elysée s’en glorifie : la politique étrangère n’échappe pas à la volonté de changement du président. Mais quelle est la part de la « rupture » et celle de la « continuité », deux principes mille fois ressassés depuis un an ? Tenter un bilan dans ce domaine est ardu tant le volontarisme règne au sommet de l’Etat, tant les retournements sont difficiles à décrypter, sans parler d’un certain opportunisme propre à tous les dirigeants politiques.

Jamais, depuis les débuts de la Ve République, les décisions n’ont été à ce point concentrées dans les mains d’un seul homme, qui professe un profond mépris pour le ministère des affaires étrangères et, plus largement, pour les institutions et les dossiers. La réception très médiatisée du colonel Mouammar Kadhafi au mois de décembre 2007, à Paris, a mis en lumière les couacs d’une gestion solitaire. Le président Sarkozy récompensait ainsi son hôte de lui avoir remis les infirmières bulgares , mais le prix payé en termes d’image laissa les diplomates du Quai d’Orsay abasourdis. Il est vrai que la vente d’une vingtaine d’Airbus, les contrats obtenus par les groupes Areva, Vinci, Veolia Environnement, Gaz de France, sans oublier la coopération dans le domaine du nucléaire civil, atténuent bien des scrupules — cette « diplomatie nucléaire », très mercantile, semble un axe prioritaire en direction des pays méditerranéens et arabes.

Pas plus qu’aux Etats-Unis (...) 

Alain Gresh.

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 


03/07/2008
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