repères, Il y a des valeurs........

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Négociations Gouvernements- Syndicat/Faut pas encourager un gouvernement qui fait la fête !

Négociations Gouvernements- Syndicats

 

Faut pas encourager un gouvernement qui fait la fête !

 

La concertation tant attendue entre le gouvernement et les centrales syndicales a eu lieu les 15 et 16 novembre derniers. Le chef du Gouvernement Tertuis Zongo était présent à l’ouverture de cette négociation certainement pour exprimer l’importance qu’il accorde au dialogue social. Du discours politique ! Nous avons suivi depuis des années comment les syndicats sont traités pour ne pas dire maltraités. Bref, ce sont les résultats que les travailleurs apprécieront. Le communiqué final qui est largement diffusé dans la presse fait état de onze points d’accord et de onze points de désaccord. L’heure est aussi au bilan dans l’Etat major des centrales syndicales.

 

Il y a deux semaines nous écrivions que le gouvernement n’avait de raisons suffisantes pour se débiner des revendications des travailleurs. En effet, un gaspillage de ressources pour des festins est constaté et chaque jour le gouvernement se donne l’occasion. Malgré tout, il s’en est bien sorti aux négociations. En effet, les réponses satisfaisantes ou non données aux syndicats ont laissé croire à l’opinion que les doléances des syndicats ont été satisfaites à 50%. A cet effet, les gros titres n’ont pas manqué dans la presse. Pourtant les responsables syndicaux ont estimé que les points essentiels de leur plate- forme minimale n’ont pas été examinés avec le sérieux qui sied par le gouvernement. Cependant, les acquis minimes soient-ils sont toujours bons à prendre.

 

Les questions centrales sont restées en l’état

 

Les points d’accord considérés comme des acquis véritables par les responsables syndicaux sont: l’application au niveau des collectivités territoriales des augmentations de salaires faites en 2005 et 2007, l’exonération de la TVA des prêts bancaires pour l’acquisition de logements sociaux, l’adoption du décret d’application de la loi portant sur la prise en charge des risques professionnels, le traitement diligent des dossiers de crimes et de coups et blessures sur les travailleurs dans l’exercice de leurs fonctions et indemnisation conséquente de leurs ayant droits, la réhabilitation et équipement du Centre d’Education Ouvrière, l’extension et équipement de la Bourse du Travail de Ouagadougou, l’instauration d’une indemnité de stage ou d’une bourse d’étude au bénéfice des fonctionnaires admis en stage au Burkina ou maintien leurs indemnités de logement et de sujétion etc. Ces acquis qui ont fait l’objet d’accord sont des réponses données aux cahiers de doléances (plus d’une trentaine de points).

Ces cahiers sont aussi accompagnés d’une plate-forme minimale qui met en exergue les points pressants sur lesquels les syndicats souhaitent avoir des discussions et des réponses satisfaisantes. Ces points sont relatifs à : L’augmentation de 25% des salaires et pensions à compter de 2001. En effet, le gouvernement a encore renvoyé ce point en discussion en 2008. Il a aussi prétexté avoir fait des augmentations des salaires qui se cumulent au taux de 21,5%. Un pourcentage contesté par les syndicats qui estiment que le cumul n’a jamais excédé 13%. Les syndicats ajoutent que ces augmentations qui ont été faits de façon unilatérale, en dehors des concertations et des échéances convenues ne sauraient être présentées comme une réponse à leur revendication. Aussi se plaignent-ils de la non application de ces augmentations dans le secteur privé. Cette discrimination n’a pour finalité que de diviser les travailleurs. Elle montre aussi que le gouvernement est impuissant face au patronat, s’il n’est pas son complice. Ce partenaire social a bénéficié trop de faveurs. C’est l’option libérale qui l’exige. Pourtant pour le « tout libéral », il n’y a pas de place pour « le social ».

Le point relatif à la diminution des impôts et taxes : IUTS, taxes sur les produits pétroliers par la révision à la baisse de la structure des prix des hydrocarbures. L’Etat n’entend pas céder sur l’IUTS, un impôt créé en 1974 dans un contexte de récession économique. Le contexte n’est plus le même mais le gouvernement ne veut pas prendre une de ses vaches laitières comme celle qui lui permet de garder dans la précarité tous les travailleurs mis en Service national pour le Développement (SND).

Nous avons prédit que le point des hydrocarbures connaîtrait un achoppement. En effet, le gouvernement a estimé que la SONABHY a perdu plus de 2 milliards de FCFA dans le blocage des prix des hydrocarbures depuis juillet 2007. Le gouvernement pleure parce qu’il n’arrive pas à déplumer ses citoyens. Les responsables syndicaux ont communiqué une information très importante. En effet, le gouvernement a voulu qu’ils avalisent une augmentation prochaine des prix des hydrocarbures. Chose qu’ils ont rejeté parce qu’ils ne sont pas aux négociations pour cela et n’accepteraient pas une augmentation au sortir de leur rencontre. Sur ce point rien de rassurant, le gouvernement a l’intention d’augmenter les prix des hydrocarbures et de l’électricité.

Quant à la réouverture et à l’instruction sérieuse du dossier Norbert Zongo, le gouvernement a argué sur la séparation des pouvoirs. En effet, il a dit aux syndicats que leur tribune n’était pas appropriée pour parler de la question.

Les atteintes et menaces contre la liberté syndicale sont relatives aux sanctions au ministère des Affaires étrangères et au trésor public. En effet, les responsables syndicaux ont reconnu que le ton est monté sur cette question. Si pour les travailleurs du trésor, le gouvernement dit qu’une solution est entrain d’être trouver à l’interne depuis juillet, pour les sanctions des militants du SAMAE, le gouvernement ne voudrait pas ramer à contre courant de « l’évangile » du Président Blaise Compaoré. Il a montré deux reprises lors de son interview et son entretien avec les jeunes à Pô que ces sanctions restent son affaire. Quand le premier magistrat tient des propos du genre «  porter des jeans et des pancartes, c’est ça le compétence », «  ils ont dit qu’ils ont faim. Ils sont affectés là où il y a à manger », il y a lieu de s’inquiéter. Si en tant que médiateur il est arrivé à faire raisonner des rebelles et des opposants dont les actes ne sont pas comparables à une marche pacifique, le président Compaoré ne croit pas en ce qu’il fait ailleurs.

 

Quelle sera la réaction des syndicats ?

 

L’assemblée générale du 20 novembre dernier a permis de mesurer la déception des militants quant aux résultats obtenus. Les responsables syndicaux ont promis de continuer les assemblées générales dans les provinces afin d’expliquer les résultats des négociations. Ce sont des tribunes qui dégageront la réaction à donner au gouvernement. Le Président du mois des centrales syndicales, Tolé Sagnon a souligné que « la préoccupation actuelle des travailleurs n’est pas à la célébration du 11 décembre avec faste ».

Au total, le gouvernement a toujours des arguments pour contourner les préoccupations des travailleurs mais nous avons l’impression qu’il arrive à se faire tolérer quand bien même ces propres arguments sont contredits par ses attitudes. Faut-il que les Burkinabè l’accompagnent toujours dans ses choix. Non, le gouvernement a le destin de plus de treize millions de Burkinabè en main mais ses choix ne sont pas forcément ce qui est le meilleur pour eux. Opter à la moindre occasion pour la fête et y engloutir de l’argent n’est pas ce qu’il y a de mieux à faire pour les Burkinabè qui sont tenaillés par la misère. La misère !

Nabi Youssfou



23/11/2007
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