repères, Il y a des valeurs........

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LUTTE CONTRE LA VIE CHERE /Est-ce parce que nous ne souffrons ou ne crions pas assez ?

LUTTE CONTRE LA VIE CHERE

Est-ce parce que nous ne souffrons ou ne crions pas assez ?


Pour se rendre compte de la misère des travailleurs, faites un tour l'après midi dans les services. En effet, ils sont nombreux à ne plus prendre le chemin de la maison du seul fait de la chèreté du carburant. C'est très intelligent de trouver des initiatives pour gérer le quotidien, mais il se trouve que paradoxalement ils sont toujours nombreux, ceux qui refusent ou ne trouvent pas la nécessité de se battre pour que les autorités comprennent qu'elles ont la responsabilté d'assurer du carburant à un prix social afin que chaque Burkinabè puisse accomplir sa tâche dans la production de la richesse nationale. Si le gouvernement de Paramanga Yonli n'a pas encore compris, c'est parce que nous ne souffrons pas assez de cette vie chère. Et mieux nous constatons que les Burkinabè comprennent mieux leur gouvernement que les problèmes qui les assaillent. Sommes-nous moins bêtes que les Nigériens qui sont descendus dans la rue en 2004 quand la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est passée de 15 à 18% ? Voulons-nous attendre que la situation pourrisse comme en Guinée Conakry avant de réclamer en grand nombre plus de bien-être ?

Paramanga Yonli ne veut pas comprendre les syndicats

Les semaines écoulées, le Premier ministre a fait le point des cinq mois de sa reconduction à travers la presse audiovisuelle et écrite. En effet, il est revenu sur l'augmentation des prix des hydrocarbures et la rupture du dialogue avec les syndicats. Abordant dans le même sens que ses trois ministres qu'il avait envoyés au charbon pour menacer les syndicats, il a répété qu'aucun point sur les prix des hydrocarbures ne devrait être discuté avec les syndicats. Mais il reconnaît qu'il y avait un point sur les taxes. Aussi a-t-il fustigé les syndicats d'avoir évoqué cette raison pour rompre les négociations. Le gouvernement continue de dissocier la question des prix et celle des taxes, mais il a perdu ce combat quand les travailleurs sont sortis massivement les 23 et 24 mai pour braver ses menaces. Nous savons aussi que les syndicats ont su détecter ce qui pose problème au niveau des hydrocarbures, ce sont les taxes. Par conséquent, en supprimant certaines taxes, les prix subiront une baisse. Pour un Premier ministre qui avait pris l'engagement de dialoguer avec les syndicats, il devait réunir toutes les « conditions normales de pression et de température » pour qu'un petit malentendu ne remette pas en cause sa bonne foi du dialogue. Pourtant celui du 4 mai était plus qu'un gros malentendu. Parce que la décision en elle-même frisait la provocation. Des augmentations jamais égalées dans un contexte de dialogue. Le Premier ministre en voulant justifier de l'opportunité ou pas de leur décision a fait savoir qu'on ne gère pas un pays avec des états d'âme. Par conséquent si le Premier ministre ne tient pas compte de ce qui peut fâcher les responsables syndicaux qu'il souffre que ces derniers au moins tiennent comptent des états d'âme de leurs militants pour refuser une telle décision. Contrairement à son ministre du travail qui avait dit lors de l'émission Actu Hebdo du 28 mai 2006 qu'il avait compris les syndicats après leur grève, Paramanga Yonli a voulu se montrer serein et imperturbable. Aussi son gouvernement était -il de bonne foi, que la baisse des prix en juin ne devait pas être dérisoire au regard du grand bruit qui l'a annoncée. Par exemple, le mélange a connu une augmentation de 55 FCFA en mai et la baisse en juin est 10 FCFA. Nous avons la certitude que la Société nationale des hydrocarbures du Burkina (SONABHY) a engrangé un gros pactole en mai avec les augmentations de 9 à 39%. Est-ce que la baisse des 10 FCFA peut-elle faire retourner les syndicats à la table de négociations ? Nous attendons le 30 juin pour connaître la réponse du gouvernement quant à la question des taxes étudiée par la commission technique qu'il a mise en place.

Le gouvernement de Yonli a un palmarès jamais vu

Les Burkinabè honnêtes qui vont à la station pour s'acheter de l'essence le ressentent dans leurs poches. En effet, nous n'utilisons pas de bons d'essence de l'Etat. Nous n'avons pas eu la chance non plus de rencontrer les enfants des ministres qui en distribuent. Le Premier ministre ne devrait pas oublier qu'un jour les Burkinabè se souviendront que c'est sous sa primature que des ministres ont eu de l'argent dans leurs placards à domicile. Cet argent a servi à faire la fête dans les boîtes de nuit, à acheter des voitures, etc. L'histoire retiendra que pendant que les Burkinabè n'arrivent pas à joindre les deux bouts, des ministres ou des commis de l'Etat pillent l'argent du contribuable et continuent de circuler à Ouagadougou en toute impunité. Nous avons aussi retenu que quand les travailleurs crient à la vie chère, le gouvernement de Yonli leur demande de serrer la ceinture afin que la croissance économique atteigne deux chiffres pour bénéficier des fruits. Au même moment il distribue des millions aux ministres et les députés augmentent leurs indemnités de session. Que dire de l'organisation des sommets à coûts de milliards pour montrer aux étrangers que ça va au Burkina. Alors que le Premier ministre avec ses sorties multiples à l'étranger pour attirer les investisseurs n'a pas encore drainé du monde. Pourtant, là où tout baigne dans l'huile, les investisseurs ne devraient pas hésiter avant de venir.

Les Burkinabè sont-ils devenus trop tolérants ?

Quand on se refère à l'histoire de ce pays, nous nous rendons compte qu'il y avait des comportements que les Voltaïques n'acceptaient pas de leurs dirigeants. En effet, on rappelle souvent que le président Maurice Yaméogo a été chassé du pouvoir parce qu'il avait choisi de faire sa lune de miel au moment où il demandait des sacrifices aux travailleurs voltaïques. Le président Sangoulé Lamizana a eu maille à partir avec les syndicats parce qu'il avait acquis des Cadillacs pendant que la situation financière du pays n'était pas réluisante. Mais aujourd'hui que constate-t-on ? Nos dirigeants sont devenus des milliardaires. Certains peuvent même prêter de l'argent à l'Etat comme Mobutu s'ils le veulent. Ils ont tout à leur disposition. Des voitures qui ne roulent pas au Sahel aux maisons indiquées pour les bords de mer. Les Burkinabè les côtoient avec leurs biens sans rien dire. Certains prennent l'exemple sur eux comme des cas de réussite. De nos jours, au Burkina il y a des fonctionnaires de l'Etat qui sont plus riches que les commerçants et les opérateurs économiques. Le pays fonctionne en réseaux. C'est à l'intérieur de ces réseaux que l'argent circule. La vie est chère, mais elle n'est pas encore très chère comme en Guinée. Quand on fait un tour à Ouagadougou le soir, les maquis ne désemplissent pas du premier au trente-et un. Nous avons souvent envie de donner raison au groupe Bezou dont la chanson dit qu'il fait bon vivre au Burkina Faso. Mais les travailleurs ont aussi la leur qui ne parle que des voleurs aux cols blancs.

Nabi Youssfou



31/03/2008
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