repères, Il y a des valeurs........

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Les habitants de Karpala réclament leur goudron

Aux autorités communales

 

Les habitants de Karpala réclament leur goudron

 

Ces derniers temps, le maire de la commune de Ouagadougou, Simon Compaoré, a été  sous les feux de l’actualité. En effet, nous l’avons vu jouer de façon toujours spectaculaire son rôle d’officier de police judiciaire (OPJ) en arrêtant des individus suspectés d’abus de confiance. Ce sont des actions qui même condamnables dans la manière qui nous font croire le maire se soucie toujours de la quiétude de ses concitoyens. C’est pourquoi d’ailleurs nous profitons de ces cas pour parler des services essentiels promis aux quartiers périphériques. La route de Karpala est-elle terminée ? Une question que beaucoup se posent. Poussiéreuse, elle est actuellement source de cauchemars pour les usagers et les populations riveraines.

 

 

Karpala est un quartier du secteur 30, situé au sud-Est de Ouagadougou, dans l’arrondissement de Bogodogo. C’est un nouveau quartier donc périphérique.

Au début de l’année 2008, des travaux de bitumage de la route de Karpala partant du Boulevard circulaire vers la Zone d’activités diverses (ZAD) avaient commencé. Les populations de cette périphérie de Bogodogo nourrissaient l’espoir que le bitumage de cette route (environ 2kms) devrait diminuer leur calvaire pour rejoindre leur domicile. Les travaux ont continué jusqu’à la saison des pluies. Elle est venue compliquer les travaux parce que nous avons constaté la peine qu’avait l’entrepreneur à construire les canalisations. Toutes ces infrastructures terminées, nous nous attendions à la pose du bitume. Mais la pluie semblait être un obstacle. Cela fait plus d’un mois, qu’elle a cessé. Pour le moment, rien n’indique que cette route sera bitumée. Les populations riveraines vivent actuellement le calvaire de la poussière que les usagers soulèvent à longueur de journée. Par conséquent, elles ont opté de mettre des amas de terre communément appelés « gendarmes couchés » sur la voie. C’est maintenant pénible pour les usagers vivent maintenant de circuler sur cette voie. A qui la faute ? Certainement les autorités communales sont responsables. Tout laissait croire que la route de Karpala serait bitumée à l’instar des routes de Katr yaar et de la zone Une. Cette route fait partie d’un projet qu’il permettra aux quartiers périphériques d’accéder aux services essentiels. Ce service essentiel est-il une route bitumée ou non ? Les populations qui sont encore plus à la périphérie n’étaient contentes que le bitumage de cette route se limite à l’ancien lotissement (station SOGEL-B). Elles ont pensé qu’à cause du cimetière qui se trouve dans la zone, les autorités auraient pu prolonger sur les 300 mètres restants. Au départ, les travaux qui semblaient grandioses ont fini par laisser une route poussiéreuse aux populations.

Paradoxe, c’est une voie qui débouche sur l’échangeur de Ouaga 2000. Pendant la saison des pluies, c’est la route qui salissait ce dernier en boue vers le boulevard circulaire. Imaginez aussi quand on descend d’un échangeur pour prendre une voie poussiéreuse pour rejoindre son domicile. Au Burkina on peut avoir un tel contraste et s’enorgueillir. Parce qu’on peut construire des échangeurs sans avoir de bonnes voies. Dans le seul intérêt d’avoir de telles œuvres pour se comparer aux pays qui en ont déjà. C’est bien de paraître mais les populations veulent seulement de bonnes voies pour aller et revenir. Elles se réjouiront après d’avoir des échangeurs.

 

 

Les quartiers périphériques délaissés

 

Dire que les quartiers périphériques sont délaissés n’est qu’une tautologie. A Ouagadougou, il y a des anciens quartiers qui ne ressemblent à rien. La beauté de la ville dont se vante chaque fois le maire Simon Compaoré c’est Ouaga 2000 et le centre ville. Certains quartiers ne demandent pas à devenir Ouaga 2000 mais veulent un minimum pour leur rayonnement.

Dans la réalisation de ce minimum, nous pouvons féliciter l’ONEA pour avoir pensé aux populations pour les branchements d’eau. La SONABEL fait des efforts qui restent insuffisants. Nous venons de voir une annonce de cette société visant à assouplir davantage les conditions d’accès à l’électricité. Gageons qu’au soir du bilan de sa campagne, la SONABEL, ait pu apporter la lumière aux quartiers périphériques.

En ce qui concerne les infrastructures sanitaires, deux centres de santé et promotion sociale (un privé et un public) existent dans le quartier.

Cependant, nous collons un zéro pointé aux ministères des enseignements. Dans le quartier Karpala, nous avons attendu parlé de l’existence d’une seule école publique qui serait à 3 classes. Il n’y a pas d’établissement secondaire public. Mais les écoles privées font la pluie et le beau temps. Ce qui veut dire que l’Etat n’a pas accompli son devoir en construisant des écoles dans cette zone. Tout le monde peut-il envoyer son enfant à l’école privée ? Comment peut-on professer à longueur de journée que l’école est gratuite quand bien même les populations n’ont pas d’école publique. Il faut d’abord qu’il y ait une école publique pour qu’elle soit gratuite. Dans une telle situation quel choix donne-t-on aux populations ?  Amener leurs enfants à l’école privée si elles ont les moyens ou les laisser à la maison quand on n’en a pas ?

Les autorités ont beau se désengager de l’éducation pour accorder une place de choix au privé, ce dernier ne peut pas se substituer à l’Etat. Il faut construire des écoles publiques. Les populations en ont fortement besoin. Il n’est pas normal qu’elles n’aient le privé comme la seule alternative.

Le gouvernement a beau signer des conventions avec des établissements privés, cela ne règlera pas définitivement la question de l’offre éducationnelle. L’Etat doit continuer à construire des écoles  au village et en ville.

Les quartiers périphériques sont souvent délaissés comme s’ils ne faisaient pas partie intégrante de la ville. Pourtant, on ne les oublie pas lors des élections. Dans leur ignorance, les populations votent sans pouvoir exiger des comptes  sur les promesses non tenues.

Nabi Youssfou



11/11/2008
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