repères, Il y a des valeurs........

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Dossier Norbert Zongo/Le refus d’avaler toutes les pillules prescrites ?

Dossier Norbert Zongo
Le refus d’avaler toutes les pillules prescrites ?

La première fois quand le journaliste Norbert Zongo alias Henri Sebgo a pris l’engagement et la responsabilité d’ébruiter l’affaire du « mort du conseil », c’est à dire « l’affaire David Ouédraogo », personne n’a douté de sa détermination à écrire pour que cette affaire ne sombre pas comme tant d’autres dans l’oubli. En effet, il a maintes fois répété qu’il était inadmissible qu’un citoyen, petit frère du Président du Faso soit-il envoie « ses trois voleurs » au tristement célèbre Conseil de l’entente au lieu de les conduire dans un commissariat ou une gendarmerie. C’était encore plus révoltant pour lui qu’en 1997, six ans après le vote de la Constitution qui a supposé mettre le Burkina sur la voie de la démocratie et de l’Etat de droit que des choses pareilles se passent. Combien de Burkinabè sont-ils passés par cet endroit et sont ressortis « les pieds devant » ? Norbert Zongo voulait éviter à ces trois citoyens la mort en parlant de leur arrestation illégale. Plus jamais ça ! était son slogan. Les maîtres du moment ne l’ont pas compris et ont considéré ses écrits comme un affront. Il s’en suivra menaces et soit disantes médiations. Et Norbert Zongo est tué. Même au cinéma on saura là où fouiner d’abord. l’évidence est claire, mais le procureur de l’époque Dramane Yaméogo qui avait plusieurs fois menacé Norbert Zongo, a eu peur d’ouvrir une information judiciaire.

Le crime de lèse majesté

L’affaire David Ouédraogo a éclaté au grand jour en fin décembre 1997 grâce à Norbert Zongo. Nous étions à quelques semaines de la fête du football africain organisée par le Burkina en janvier 1998. En effet, Norbert Zongo avait profité de ce créneau pour informer les hôtes qui sont venus festoyer que le Burkina n’est pas seulement le pays qui prépare la fête, mais aussi le pays où les autorités font peu de cas des droits humains. Le Petit frère du Président du faso a fait emprisonner ses prétendus voleurs dans les géôles de la garde présidentielle. Par conséquent, ils sont battus, torturés et brûlés à mort. David Ouédraogo, chauffeur du petit président a trépassé à la suite de ces actes abominables. Les deux autres employés avec les dos puants ont été déférés à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou. Ils en porteront des séquelles toute leur vie. Pour tous ces crimes, Norbert Zongo devait se taire parce qu’au Burkina il y a des citoyens au-dessus de la loi dont François Compaoré. Norbert Zongo a voulu montrer à travers l’affaire David Ouédraogo qu’il ne devrait plus avoir cette « race de citoyens ». C’est cela son erreur fatale, son crime de lèse majesté. Parce qu’au Burkina « on te fait et puis y a rien ». Cette loi de la jungle est toujours en vigueur. Nous ne savons pas combien de parutions restaient à Norbert Zongo pour livrer toutes les informations sur les tenants et les aboutissants de cette affaire. Il n’aura pas cette chance d’informer son lectorat. Le 13 décembre 1998, ceux qu’ils ne voulaient plus qu’il écrive ont décidé de le brûler avec trois de ses compagnons sur la route de Sapouy. L’horreur du crime exprime la haine viscérale qu’on lui vouait. Le fait est là : Norbert Zongo a été tué. Par qui ? C’est la réponse à cette question qui est la source de la bagarre entre certains de ses confrères. Pouvons-nous nous empêcher d’accuser ceux qui l’ont ménacé, ceux qui voulaient qu’il se taise par tous les moyens ? Il n’y a pas un autre scénario logique qui justifie la mort de Norbert Zongo en dehors de celui que la majorité des Burkinabè connaît. Ceux qui invitent ou explorent des pistes fallacieuses n’ont jamais pu établir des logiques incontestables entre les faits dans la mort de Norbert Zongo.

La logique du silence continue...

Norbert Zongo a été tué, les tueurs n’ont pas voulu laisser des traces, les complices et les commanditaires ne veulent plus qu’on en parle. Demander la lumière ou la justice sur cette affaire est synonyme de « complot », de « fonds de commerce ». Que chaque Burkinabè fasse le point de ce qui a été gagné ou perdu dans cette affaire. Certains se rendront compte de leur moisson au prix de mensonges sur les cadavres calcinés. Par conséquent, la détermination de chacun dans la défense de certaines positions n’a rien à voir avec la volonté, la sincérité et l’honneteté de contribuer à la manifestation de la vérité. Nous en voulons pour preuve quand on félicite le juge Weceslass Ilboudo pour son non-lieu, il n’y a rien de tel. C’est une logique des choses. Quelle que soit la suite qui est donnée à l’affaire Norbert Zongo, les Burkinabè de bonne foi savent qu’on veut leur imposer la voie du silence. Mais personne n’enlèvera de la conscience des Burkinabè que la mort de Norbert Zongo est logiquement liée à l’Affaire David Ouédraogo. Tout simplement il a commis « l’erreur » d’ébruiter une affaire qui concerne au premier chef François Compaoré, et a eu le culot de lui demander d’aller présenter ses regrets à la famille de David Ouédraogo afin qu’il cesse d’écrire sur cette affaire. Ceux qui devaient le faire s’étaient dit qu’il s’était mêlé d’une affaire qui ne le regardait pas jusqu’à dépasser le rubicon de poser des conditions. Ce petit journaliste se prenait-il pour qui ? Ils ont montré qu’ils pouvaient l’empêcher de vivre. Mais tôt ou tard, comme le disait Norbert Zongo lui-même, il fallait la lumière sur l’affaire David Ouédraogo. Il en a eu juste un peu de lumière et vérité au cours du procès tenu du 17 au 19 août 2000. Après quatre morts calcinés, une crise socio-politique. Tant de gâchis. Pour le dossier Norbert Zongo, rien ne se profile à l’horizon sauf la déception. Mais tout dépendra de la résistance de ceux qui ont toujours porté cette affaire à bras le corps. Par conséquent, la justice n’aura plus le choix, ils renouvellent l’engagement de faire aboutir le dossier Zongo. Wait et see.

Nabi Youssfou



20/11/2007
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