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Convention collective/Les voies du consensus tracées jusqu’en décembre

Convention collective

Les voies du consensus tracées jusqu’en décembre

 

Nous annoncions la semaine dernière la tenue les 30 et 31 juillet d’un séminaire sur la collection collective. Sous l’égide du Conseil Supérieur de la communication (CSC), les représentants des patrons de presse privée et des structures professionnelles des journalistes se sont retrouvés pour une concertation afin de dégager un consensus sur la question qui dure plus d’une décennie. Deux jours durant des échanges nourris, passionnants, souvent passionnés ont permis aux différents acteurs d’élucider les enjeux et de proposer les voies et les moyens pour accompagner l’adoption de la convention collective. Notons que le CSC à travers son président Luc Adolphe Tiao a pesé de tout son poids pour que les participants ne remettent pas encore la question aux calendes grecques.

 

 

Traditionnellement, employeurs et employés ont toujours des positions divergentes sur les conditions de vie et de travail. Le premier face à face direct entre les patrons de la presse privée et les représentants des structures professionnelles de journalistes n’a pas dérogé à la règle. A la seule différence que l’esprit d’une convention collective fait l’unanimité. La difficile situation financière des entreprises de presse et la rémunération à la grille salariale proposée ont soulevé des inquiétudes et des interrogations de la part des patrons de presse. Celles-ci ont été levées pendant le huis clos avec Monsieur Luc Adolphe Tiao. Huis clos qui fait des propositions pertinentes pour conduire le processus à terme.

 

Les derniers points d’achoppement

Le premier article du projet de convention collective a déterminé son champ d’application. Il prend en compte les travailleurs des médias de la presse privée et publique. Cependant, des échanges contradictoires ont eu lieu entre participants. Certains ont émis des réserves sur le champ d’application et ont souhaité que l’adoption de la convention soit séparée. Bien vrai qu’une observation fait cas de la différence des lois qui régissent les travailleurs de la presse privée et ceux de la presse publique mais les réserves avaient en point de mire les difficultés qu’a la presse privée à pouvoir tendre vers la grille salariale de la presse publique. Néanmoins, les participants se sont entendus sur le principe d’adopter une convention collective et d’y apporter les amendements qui s’imposaient. Par conséquent, ce principe acquis, il fallait alors proposer des mesures d’accompagnement à l’adoption de cette convention. Elles sont relatives à l’assainissement de la presse, à la révision du statut de la presse publique, à l’exonération fiscale, à l’accès à la publicité à toute la presse, la mise en place d’une messagerie etc. Tout ce processus se concrétisera que si une courte échéance de mise en œuvre de la convention collective était bien définie. En effet, certains proposeront au moins six mois à deux ans prétextant qu’il ne fallait se précipiter du fait des difficultés financières des entreprises de presse. Ils craignent que l’adoption « précipitée » d’une convention collective ne tue la « poule aux œufs d’or ». Aussi ont-ils souhaité voir l’effectivité des mesures d’accompagnent avant d’aller à la convention collective. D’autres voies se sont élevées dont celle du président Luc Adolphe Tiao pour faire comprendre que les mesures d’accompagnement ne pourraient être posées comme conditions pour aller à cette convention collective. A-t-il expliqué qu’il s’agit de faire un plaidoyer auprès du gouvernement en faveur des entreprises de presse qui s’engagent à signer ladite convention. Ainsi le propriétaire d’une poule devrait  accepter que quelques œufs d’or devraient revenir aux journalistes qui lui apportent du mil à cette poule.

Quant à la carte de presse, les participants ont proposé un avant- projet de décret qui définit les conditions de sa délivrance.

 

Le huis clos qui a accordé les violons

Le président Luc Adolphe Tiao et ses proches collaborateurs ont participé de bout en bout les travaux en atelier. Mais les débats souvent houleux ne présageaient pas d’un consensus entre protagonistes. Le huis prévu en marge du séminaire par Monsieur Tiao avec les premiers responsables des deux parties a été le déclic du séminaire. En effet, les patrons de presse et les responsables des structures des journalistes ont mis en place une commission ad hoc. Cette dernière scindée en deux comités. Le premier est chargé d’amender la convention collective pour une nouvelle convention consensuelle. Le deuxième est chargé de la rédaction d’un livre blanc des entreprises de presse. L’échéance est fixée pour fin septembre -début octobre pour la fin des travaux des deux documents. Ils sont ensuite envoyés aux différentes parties pour amendements. La commission ad hoc devrait intégrer ces amendements. En fin décembre, la finalisation devrait être terminée. Par conséquent, la convention collective consensuelle devrait connaître sa première application dès janvier 2008.

Au total, le CSC a joué sa partition en mettant sur la même table les protagonistes d’une part et en s’engageant d’autre part de soutenir le processus jusqu’à terme. La concertation a permis aux protagonistes de se parler sans détour. Chacun a montré son intérêt pour l’adoption d’une convention collective. Le consensus et le saut qui ont vu le jour sont les preuves de l’engagement de chaque acteur à travailler pour donner un nouveau visage à la presse burkinabè. Pourvu qu’elles résistent au temps et aux intérêts jusqu’en fin décembre et après. La convention collective et la carte de presse seront les outils d’une presse assainie, professionnelle et prospère. A l’ouverture du séminaire, le représentant de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), Emmanuel Adjovi a résumé les intérêts de chacun en ces termes : «  Il s’agit d’une opération gagnant-gagnant, pour parler comme les Chinois. Les journalistes et assimilés trouveront leurs comptes, puisqu’ils seront dotés d’un statut professionnel honorable et pourront bénéficier d’une rémunération conventionnelle qui les mettrait à l’abri de la précarité matérielle. L’établissement de cet accord sera également bénéfique pour les entreprises de presse en ce sens qu’il leur donnera l’opportunité de s’attacher les services des acteurs les plus professionnels et les plus responsabilisés. Moins soumis à la pratique du « gombo » ou du communiqué final, les journalistes conventionnés livreront certainement des produits médiatiques de meilleure qualité ».

Un des patrons de presse a déjà sa compréhension de la convention collective. En effet, il a dit que s’il a 30 employés, il chassera 20 pour mieux payer les 10 restants. Il a promis de trouver quelque chose à faire pour les 20. Etaient-ils des journalistes ou des techniciens professionnels ?

Nabi Youssfou



10/11/2007
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