repères, Il y a des valeurs........

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Boycott des produits de BRAKINA

Boycott des produits de BRAKINA

 

La bière est-elle un produit de première nécessité ?

 

Les Burkinabè ne finissent pas d’étonner dans leurs choix. La Ligue des consommateurs du Burkina, à travers une déclaration signée du Docteur Mathias Somé a invité les consommateurs à boycotter les produits BRAKINA. Parce que l’entreprise a procédé à une hausse des prix de ses produits. Nous concédons à la Ligue son droit de lancer ce mot d’ordre de boycott qu’elle juge utile pour les consommateurs. Nous lui concédons aussi le devoir de défendre les intérêts des consommateurs. Nous sommes par la même occasion dépassés par un mot d’ordre de boycott qui  ne concerne que des produits (boissons) dont la hausse des prix est très récente. Pourtant, il y a des produits dont la hausse des prix continue de préoccuper la majorité des consommateurs.

 

Nous aurons pu nous taire si les boissons constituaient des produits de première nécessité. Nous n’écririons pas cet article si nous n’étions pas convaincu que l’agitation est due à la seule augmentation du prix de la bière. Nous n’écririons pas cet article si l’augmentation des prix du riz, du carburant, des transports avait suscité la même réaction. Nous nous serions tu si la déclaration n’était pas signée d’un docteur et ex- secrétaire général du ministère de la Santé.

 

Un argumentaire très léger

La Ligue des consommateurs justifie elle-même la hausse des prix des boissons par deux faits : le monopole de la BRAKINA et la non intervention de l’Etat dans la fixation des prix.

Nous partageons l’indignation de la Ligue pour le fait que les responsables de la BRAKINA ne soient pas dans l’obligation de devoir des explications aux consommateurs sur les dernières hausses des prix. Nous pensons que cette attitude de narguer les consommateurs n’est pas nouvelle et ne doit étonner. Les responsables des multinationales ne font que se comporter comme leurs valets locaux (gouvernement) qui ne se donnent pas souvent l’obligation de rendre compte ou de donner des explications aux Burkinabè.

Dans cette même logique de laisser-faire, la BRAKINA a licencié des travailleurs qui sont allés en grève sans aucune réaction de nos autorités. Ce sont elles-mêmes qui se sont chargées de chasser les grévistes de leur lieu de travail. Pourquoi voulons-nous que les responsables de la BRAKINA respectent les consommateurs burkinabè ?  Quand le premier responsable de Coca Cola est venu au Burkina, il était à Kossyam, certainement pour féliciter le président Blaise Compaoré pour la stabilité qui permet à leurs affaires de prospérer.

Cette affaire de la BRAKINA nous renvoie à cet autre problème actuel de l’ONATEL. Nous y reviendrons.

Nous avons rappelé tout cela pour dire comment les capitalistes viennent au Faso et font ce qu’ils veulent. Revenons à nos moutons pour continuer avec le mot d’ordre de la Ligue.

Il n’est un secret pour personne que si la BRAKINA a augmenté ses prix, le gouvernement a été mis au courant. Il aura pu faire une observation même s’il n’intervient plus dans la fixation des prix. Il a toujours son mot à dire. Dans le partage des responsabilités, la Ligue ne devrait pas  s’attaquer seulement à la société. Le gouvernement est aussi coupable.

La ligue se plaint de la période choisie pour faire ces augmentation de prix et compare les responsables de la BRAKINA aux pirates du Golfe d’Aden. Nous convenons avec elle que la période choisie est vraiment éprouvante. Mais nous n’avons pas la même lecture des choses. Pendant que nous voulons du riz, la Ligue réclame la bière. Nous avons l’impression que si l’augmentation du prix de la bière (plus de 15%) n’avait pas été jugée excessive, le problème ne serait pas posé. Pourtant, cette augmentation pourrait être avantageuse pour les familles. En effet, le chef de famille qui ne peut pas s’acheter plus de cassiers de bière à cause de la hausse, pourrait les convertir soit en habits et autres cadeaux pour ses enfants, soit pour la sucrerie moins coûteuse.

La diminution de la consommation d’alcool en ces temps de fêtes éviterait beaucoup de problèmes. Nous ne pensons pas que cette situation arrangerait forcément la BRAKINA qui peut avoir un manque à gagner. Mais elle n’est pas novice, elle sait que même à plus de 1000 FCFA, les Burkinabè boiront toujours la bière.

En somme, les boissons alcoolisées restent des produits de luxe. Ceux qui y ont accès connaissent la capacité de leur poche. C’est pourquoi, nous ne partageons pas le fait qu’un tel produit fasse l’objet d’un mot d’ordre de boycott comme si tous les Burkinabè en consommaient. Si la hausse des prix ne touchait que ces produits, seuls leurs consommateurs marcheront ou boycotteront.

 

 

Ça ne fait pas sérieux Docteur !

 

Nous respectons les consommateurs de bière, mais elle n’est pas un produit de première nécessité. La diminution de sa consommation a plus d’avantages pour la nation burkinabè. Ces dernières années, cette consommation a accru, en atteste le nombre de maquis qui dépasse le nombre de boutiques dans nos quartiers.

L’augmentation des prix de tels produits peut diminuer la consommation. Nous pensons qu’une telle tendance ne déplaira pas au Docteur Somé. Même défenseur de la cause des consommateurs, il y a des causes et des mots d’ordre nobles.

Nous nous serons joints au docteur et à sa Ligue s’ils avaient préalablement boycotté l’eau, le téléphone, l’électricité, le carburant, le riz, le maïs, etc. dont les prix ont connu des hausses. Nous pensons que pour ces cas, la noblesse de la cause est établie. Ce ne sont pas des multinationales seulement qui déplument les Burkinabè, mais notre gouvernement aussi.

Nous aurons boycotté les produits de BRAKINA, si la Ligue n’avait pas fait volte-face quand elle a été conviée à la mise en place d’une coalition contre la vie chère.

Nous partageons avec la Ligue cet idéal de défense des consommateurs. Le dernier mot d’ordre nous laisse  sceptiques quant à leur manière d’esquiver les vrais problèmes de consommation au Burkina. Au Sénégal, des résidents d’un quartier ont décidé de ne pas payer leurs factures d’électricité parce qu’ils en ont marre de la société qui leur offre le service. Ce mot d’ordre est plus noble ! C’est un exemple.

Nabi Youssfou

 

 

         



22/12/2008
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