Des Accords de Partenariat Médiatique entre l’UA et l’UE
FORUM «MEDIAS ET DEVELOPPEMENT»
Des Accords de Partenariat Médiatique entre l'UA et l'UE
Ouagadougou a abrité les 11, 12 et 13 septembre, un forum « Médias et Développement » conjointement organisé par l'Union Européenne (UE) et l'Union Africaine (UA). Pour l'occasion, le premier responsable de l'UA, Jean Ping était accompagné par le Commissaire européen au développement, Louis Michel. Plusieurs responsables de médias et experts des deux continents ont pris part à cette rencontre. Elle a accouché d'une feuille de route d'actions, engageant l'Union Européenne et l'Union Africaine. Des consensus en faveur des médias que nous avions nommés Accords de partenariat médiatique.
Les communications au forum ont répondu à toutes les questions liées à la thématique: Comment garantir l'indépendance des médias face aux intérêts économiques ou politiques ? Comment protéger juridiquement les organes de presse et les journalistes ? Comment organiser une formation adéquate des journalistes aux techniques d'investigation et à la recherche de la vérité ? Comment définir les droits et obligations de la presse ? Comment faire contribuer les médias à des politiques de développement efficaces ? Comment lutter contre les stéréotypes véhiculés sur l'Afrique en Europe et sur l'Europe en Afrique ? Comment favoriser l'émergence de médias de qualité à l'échelle locale, nationale et internationale ? Les préoccupations ont fait l'objet d'une feuille de route qui permettra aux médias de renforcer leur rôle dans le développement. De bonnes intentions qui ne mettent pas fin à notre scepticisme.
Le fossé démocratique
Il n'est pas superflu de dire qu'il y a un fossé entre les deux continents en matière de démocratie et de médias. L'Europe ne souffre pas de déficit démocratique, c'est l'Afrique qui donne à voir au reste du monde des cas d'école : le putsch en Mauritanie, les élections contestées au Kenya et au Zimbabwe, l'emprisonnement du journaliste Moussa Kaka au Niger, le saccage de sièges de journaux au Sénégal, etc.
Les points de la feuille de route relatifs à la démocratie, à la liberté de presse et à la gouvernance sont adressés à l'Afrique. Si la démocratie fonctionnait normalement dans nos Etats, les médias ne rencontreraient pas de problèmes dans l'exercice de leurs missions. Si les journalistes ne peuvent pas faire leur travail parce que des gouvernants pensent que leur place se trouve en prison, le rôle des médias ne devrait pas être universel.
Ce forum a mis la barre très haute. L'Europe et l'Afrique sont mises au même niveau pour des questions qui se rapportent plus à l'Afrique.
Des préalables
L'intérêt d'un tel forum c'est d'avoir revisité le rôle des médias : «les médias sont des acteurs essentiels à la réussite du développement et à la construction d'Etats démocratiques». Il a été alors dégagé des positions communes quant au « rôle de médias libres et incontournables pour construire des Etats justes et impartiaux fondés sur des élections libres et justes, un système administratif, politique, judiciaire et économique garantissant l'accès égal à tous les citoyens, à une prospérité équitablement partagée ». Quelle soit la feuille route sur les médias, les préalables restent la démocratie et la bonne gouvernance. C'est le politique qui crée ces conditions favorables au bon fonctionnement des médias. Sur le continent, les médias sont les premières victimes des déficits démocratiques. Le Président Blaise Compaoré a affirmé à l'ouverture du forum que son pays avait l'une presse libre et critique du continent. Nous dirons qu'à l'image de notre démocratie, elle est aussi contrôlée.
L'Union Africaine est constituée d'Etats aux régimes politiques différents. La démocratie n'est pas forcément la chose la mieux partagée. L'UA s'est contentée de condamner le coup d'Etat en Mauritanie, pourtant en mars elle a conduit une intervention militaire à Anjouan pour chasser un régime illégal. Un exemple d'ingérence qui devait faire jurisprudence pour toute atteinte à la démocratie. Mais hélas,
Avant un tel forum, il aurait été nécessaire que les dirigeants de l'UE et de l'Union Africaine se retrouvent pour faire d'abord le bilan de la démocratie sur le continent, 18 ans après le sommet de Baule. Le premier responsable de l'UA vient d'un pays où le président règne depuis 41 ans. A qui donnera-t-il une leçon d'alternance démocratique ?
Autres questions
La question de la formation des journalistes a été une préoccupation au forum. Les participants ont défendu le soutien aux écoles de formation et le partenariat à la mobilité des étudiants. L'Afrique a déjà des expériences d'écoles de formation de journalistes (Dakar, Yaoundé) soutenues par des partenaires européens. Ces écoles ont connu des difficultés avec le retrait des bailleurs de fonds. Est-ce le retour de ces derniers ? A quelles conditions ? Que deviendront encore ces écoles à leur départ?
Au Burkina, il y a deux pôles de formation de journalistes. L'université forme pour l'essentiel pour le privé. Le ministère de la communication a son institut pour former des journalistes de la presse d'état. S'il y a soutien, les deux structures bénéficieront-elles ? Ou bien laquelle bénéficiera-t-elle s'il y avait un choix à faire ?
L'échange des programmes a aussi été autre préoccupation. L'Europe a toujours été la plus productive parce qu'elle en a les moyens. Il ne peut avoir d'échanges bénéfiques pour les deux continents que si l'Afrique en produisait autant. Dans le cas contraire, l'Europe l'inondera toujours l'Afrique avec ses programmes. Nous crierons toujours à l'invasion culturelle.
L'intérêt des échanges est de mettre fin aux images néfastes sur les deux continents. Quelles productions pour l'Afrique pour combler son retard ? Quels moyens bénéficiera-t-elle de l'Europe ? Quand on sait que dans le domaine du cinéma, les fonds sont assortis de conditions. Souvent même la modification des scénarii.
De nos jours, les enjeux sont immenses pour l'Europe quant à la question de l'immigration. Dans les échanges de programmes, l'Europe aura bien un intérêt que les médias dissuadent les Africains d'emprunter les bateaux pour l'Europe. Alors il faudra des images d'une Afrique prospère. L'Europe est-elle prête à mettre le prix ?
Ces accords de partenariat médiatique signés à Ouagadougou présentent une Europe et une Afrique qui ont les mêmes vues sur les questions des médias. Pendant ce temps les accords de partenariat économique (APE) posent problème. Pourtant, l'information est devenue une denrée qui transporte les autres.
BEN YOUSSOUF

Commentaires
Ben junior le 29/09/2008 à 16:32:19un forum reste un forum. c'est-à-dire un foure tout. celui d Ouaga n'a pas failli à la règle. comme les autres fora on y a vu de belles robes et de belles cravates les vlopes de perdiems étaient boursouflées... à quel prix et à quelles fins.
Quel prix ? combien a coûté cette nième messe de têtes couronnées à Ouaga 2000 et qui paie ?
quelles fins ? le propre d'un forum c'est d'être un lieu de débalage sans fin. son organisation suit la plupart du temps cette logique : thématique vague, participants tout autant hétéroclites pas de décision ferme et engageant un responsable désigné et surtout beaucoup de tapage. le forum de Ouaga de ce point de vue est un parfait succès. le mélange politque, "spécialistes" praticiens a été savament fait pour que nul ne l'emporte. la preuve ce que vous appelez feuille de route n'est rien d'autres qu'un chapelet déjà connu qu'une prochaine rencontre de l'Union devra examiner (avant de le ranger dans un tiroir)
Quant aux sujets traités, quel est ce thème abordé qui n'ai encore été discutés avec tout le sérieux qu'il requiert par les hommes de médias que ce soit en Afrique ou en Europe ? quelles réponses leur a-t-on opposées. A-t-on pour autant marquer une pause dans la liquidation des services publiques en Europe ? la concentration ? la repression des médias a-t-elle reculé en Afrique ?
C'est dire qu'à s'en tenir au contenu n'importe quel réseau de journalistes burkinabè pouvait mieux faire que les invités de Ouaga 2000.
que visait alors cette kermesse ?
rappeler une fois encore que le Burkina est un grand pays de démocratie. qu l'on emmure les étudiants après leur avoir livré la chasse comme aux lièvres, que les prix flambent, que les journalistes les entreprises de presse n'aient pas de statut, qu'enfin le dossier Norbert ZONGO s'embourbe sans fin ne sont rien. le Burkina est grand et sait organiser de grands évènements.
KGB, le 29/09/2008 à 16:37:33
Hey, Blaise ne dit pas la verite. Dand un des pays les plus corrumpus au monde, il n' ya aucun ecrit fondamenatl pour combattre le fleau, parce que les gens ont peur. A ce que je saches Norbert Zongo est mort sous son regime. Et que lui personnellement a tout fait pour qu'il n'ait jamais justice. C'est curieux que le journaliste n'ait pas releve ca, comme si l'affaire Zongo etait dans les oubliettes. Non.