repères, Il y a des valeurs........

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Au président Blaise Compaoré/Les Burkinabè veulent sortir des bateaux du désespoir !

Au président Blaise Compaoré
Les Burkinabè veulent sortir des bateaux du désespoir !

Du 4 au 6 septembre dernier, le président Compaoré était en Italie sur invitation de la Communauté Saint’Egidio pour une conférence internationale sur la paix. En effet, il était la vedette de cette rencontre comme l’ont attesté les reportages de la Télévision nationale. Lors d’une conférence donnée par le Président Compaoré, les extraits rapportés nous ont présenté un « Blaiso » éloquent et teigneux sur la question de l’immigration. En effet, le président Compaoré a interpellé les occidentaux sur leur manque de solidarité vis-à-vis des problèmes du continent africain. Il a poursuivi en les accusant de s’intéresser au continent quand il s’agit des matiéres premières. Pour lui, si cette tendance continuait ; les Etats organiseraient eux-mêmes des bateaux à la place des pirogues pour conduire les Africains vers les portes de l’Europe. Tout est bien dit. Mais nous ne partageons pas ce point de vue qui rejette tout sur la responsabilité des occidentaux. Nous sommes des Afroptimistes et nous pensons que le président l’est aussi. Parce que s’il ne croit pas au progrès de l’Afrique ; il sera difficile au président Compaoré d’offrir « le progrés continu pour une société d’espérance » aux Burkinabé. Mais comment le Président peut-il défendre les Africains en Italie, quand son propre gouvernement manque de solidarité vis-à-vis du peuple qui ploie sous le poids de ce qu’on appelle « la vie chère » ? Les responsabilités ne sont-elles pas au moins partagées ?

L’aide est insuffisante certes, mais elle est mal gérée.

Chaque jour qui passe, nous voyons des membres du gouvernement en train de signer des accords d’aide ou de prêt avec toujours le sourire aux lèvres. Les mêmes autorités faisant les bilans des coopérations bilatérales et multilatérales avec les partenaires techniques et financiers (PTF) ont toujours trouvé qu’elles se portaient très bien. Nous pensons que c’est parce que « l’argent frais » tombe qu’ils se permettent de faire de telles appréciations. Mais nous savons tous que l’aide publique au développement reste insuffisante. Seules les Organisations non gouvernementales et autres associations se chargent de le faire savoir sur la place internationale. En Italie, le président Compaoré qui a tenu des propos du genre : « les occidentaux manquent de solidarité, ne s’intéressent à l’Afrique que pour ses matières premières », ce-ci est à dire dans les conférences. Mais ce qui est encore mieux, il faut le dire à Chirac, Blair, Merckel, Prodi, etc. quand il est en face d’eux. Nous nous souvenons de la rencontre France-Afrique de l’année dernière à Bamako. quand les réprésentants des jeunes du continent ont osé réclamer la bonne gouvernance ; combien de chefs d’Etat ont trouvé leurs propos très osés. au-délà de la responsabilité des occidentaux, il y a la mal gouvernance de nos dirigeants. Est-ce que les gouvernants investissent réellement l’argent là où il devrait être ? Ils ne sont plus nombreux les chefs de projets qui n’ont pas construit des châteaux. Nous avons l’exemple d’un chef de projet dont un audit du projet qu’il dirige a mis à nu un trou d’au moins 300 millions de FCFA. Mais, ce Monsieur a construit un château en l’espace de 6 mois dont le coût peut être estimé à la vue. Pouvons-nous ne pas faire un rapprochement ? Voulons-nous que les contribuables occidentaux continuent de se saigner pour que de sinistres individus les utilisent pour satisfaire leur égoïsme ? Les exemples sont légion, selon un rapport de la Haute autorité de coordination de lutte contre la corruption publié en février 2OO4, plus d’un milliard s’est volatilisé dans des structures telles que l’Autorité de mise en valeur de la Vallée du Sourou, la Croix Rouge, la LONAB, le projet du barrage de la Bougouriba, etc. De l’argent venu certainement des contribuables occidentaux. Au regard de tout ce que les gens font de leur argent, on ne saurait leur réprocher d’un manque de solidarité.

Monsieur le Président, la solidarité chez vous !

Il y a bien longtemps que vous et votre gouvernement, vous vous êtes enfermés dans votre tour d’Ivoire, ayant une lecture approximative des problèmes des Burkinabè. La preuve, le jour de le rentrée gouvernementale, le Président dit qu’ils vont s’attaquer à ce que « vous appelez au Burkina la vie chère » Cette ironie sur le problème montre comment il l’appréhende. Comment le président s’attaquera-t-il à la « vie chère » quand il ne reconnait même pas le concept ?. Pourtant, il y a bien longtemps que les travailleurs vont en grève pour demander « plus de solidarité » du gouvernement. Mais rien !!! Que doit-on attendre de l’annonce d’attaque de la vie chère ? Les prochaines négociations gouvenement-syndicats semblent être prometteuses. Mais ne nous trompons pas. Pour les travailleurs, seules une augmentation des salaires et une réduction conséquente des taxes sur les produits pétroliers peuvent constituer des signes forts. Mais il ne faudrait pas que le règlement des avancements soit pris en compte comme des décisions contre la vie chère . C’est une dette de l’Etat vis-à-vis de ses agents. Notre scepticisme est aussi grand quand deux semaines avant la rentrée gouvernementale, la SONABEL a décidé une augmentation de ses tarifs. Pourtant, ce sont des décisions pareilles qui rendent plus dures la vie des Burkinabè. En attendant que les occidentaux soient plus solidaires, les Burkinabé exigent plus de justice sociale et de bonne gouvernance. Ceux qui le demandent tous les jours ne veulent pas être envoyés avec des bateaux. Car le président Compaoré et son régime ont bien intérêt à s’y pencher maintenant. La grogne du port des casques n’était pas un non événement. Sinon la jeunesse s’occupera de vous ; même de vos Amis. C’était un mot d’ordre venu de Bamako.

Nabi Youssfou



28/12/2007
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