repères, Il y a des valeurs........

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AFFAIRE NORBERT ZONGO/Des auditions de la CEI en disent long sur les suspects

AFFAIRE NORBERT ZONGO
Des auditions de la CEI en disent long sur les suspects


L’Adjudant Marcel Kafando a bénéficié d’un non-lieu parce que son ami Racine Yaméogo « amnésique » a décidé de ne plus le charger. Certainement, l’audition qui lui permettait d’atteindre « sa mission de sauvetage » sept ans après. Etait-ce la plus importante charge contre les six suspects sérieux ? Même pour inculper Marcel Kafando, le juge a dû surestimer les forces et les talents militaires de ce dernier « le Rambo du Conseil » pour attribuer à lui seul le drame de Sapouy. Nous le répétons, les travaux de la CEI, restent la seule mine d’informations disponibles dans un rapport en bonne et due forme en dehors de celles que détiennent les tueurs et les commanditaires. Le juge Ilboudo qui n’a rien trouvé, s’en est inspiré pour l’inculpation de Marcel Kafando. Pourtant, il y a d’autres auditions avec plus d’indices. En rélisant les auditions des suspects sérieux, nous pouvons constater qu’ils avaient le même argumentaire pour se disculper devant la CEI. Mais celui-ci avait des limites c’est ce que la CEI a qualifié de « lacunes et insuffisances ». Nous revenons de nouveau sur ces auditions riches en enseignements.

Le RSP était-il bien organisé ou pas ?

Avec les auditions des élements du RSP, nous constatons que quand le Président du Faso voyage, rien ne semble laissé au hasard. Quoi de plus normal ! En effet, ils reconnaissent et n’ont pas oublié que le 13 décembre 1998, ils étaient en « quartier consigné » à cause du voyage du Chef de l’Etat (au Soudan). Mais les mêmes auditions nous ont révélé qu’en « quartier consigné » les militaires peuvent demander des permissions ou ne pas le faire pour s’absenter. Par exemple, le Sergent Zoeringré Yobo Jean soutient dans une audition que : « Yaro Ousséni n’a pas eu à lui demander une quelconque autorisation d’absence » p.v n°99-174 du 29/04/99. Pourtant, le soldat en question affirmait que :“Le 13 dans la matinée j’ai demandé la permission au sergent Zoeringré Yobo Jean afin de pouvoir m’occuper de ma sœur malade”, p.v n°99-062 du 16/03/99. Alors le soldat Yaro a-t-il demandé la permission ou pas à son chef ? S’était-il absenté jusqu’à 18 heures sans permission ? Son chef Zoeringré a aussi dit que : « Yaro Ousséni était réquisitionné (il manquait à l’appel) ». Réquisition pour faire quoi ? Une permission toute la journée était-elle normale ? Peut-on s’absenter aussi longuement quelle que soit la raison quand on est en quartier consigné ? Quand le Président du Faso voyage, les éléments chargés de sa sécurité qui sont restés au pays se permettent de se retrouver dans des maquis, restaurants et jardins, etc. pour quelque raison que ce soit. Par exemple, Marcel Kafando s’est rendu à «  La Source  » et à «  La Québécoise  » le 13 décembre 1998. Aussi Edmond Koama a-t-il retrouvé Marcel Kafando dans un jardin pour prendre 20.000 FCFA afin de soigner sa femme. Sur la question des absences, les propos du sous-lieutenant Boukari Baggna sont édifiants : « Il est possible, même en cas de consignation que plusieurs éléments de la même unité puissent s’absenter en violation des règlements sans qu’on ne puisse s’en apercevoir, surtout s’il n’y a pas de contrôle inopiné ou de rassemblement » p.v n°99-063 du 17/03/99. « Quand le chat n’est pas là la souris danse », ce proverbe pourrait bien s’appliquer à ces militaires si leurs absences se justifiaient pour les raisons qu’ils ont défendues. Mais hélas, nous restons convaincus que ça ne se passe pas comme ça au RSP.

Le 13 décembre 1998, le RSP avait-il un plan de travail ou pas ?

Quand il s’est agi pour la CEI de vérifier les positions des uns des autres ce jour-là, toutes les positions possibles ont été données par les militaires. Jusqu’à la publication du rapport, nous avons toujours pensé que le RSP était bien organisé avec une rigueur infaillible. Parce qu’on ne badine pas avec la sécurité du Président. Donc, les différentes positions occupées par les miltaires sont au moins connues pour que leur chef puisse les joindre en cas de besoin. D’abord, ils ont utilisé des noms qui correspondaient aux endroits où ils étaient consignés Le Conseil, l’enceinte du Conseil, le Bureau, l’Intervention, le domicile du chef de l’Etat à Ouaga 2000, le domicile du chef de l’Etat à la zone administrative, le Bureau opérationnel, l’Aéroport, la Promo, etc. Assez de noms qui pouvaient apporter du flou parce qu’il y a des possibilités que deux noms désignent le même endroit. Pour sortir de ce flou et pour le besoin de l’enquête, la CEI a voulu vérifier ces positions qui sont peut-être consignées dans les plans de travail. Des obstacles ! L’existence d’un plan de travail est confirmée par l’audition du sergent-chef Moïse Sandwidi « il ressort du plan de travail que j’ai reçu » p.v n°99-083 du 24/03/99. Aussi le lieutenant Gilles Bationo a-t-il confirmé son existence « Sans la consultation du plan de travail il est impossible de savoir la position des éléments à une date donnée », p.v n°99085 du 25/03/99. Aussi, le sergent-chef Moïse Sandwidi soutenait-il qu’il les gardait dans son bureau de « la semaine » et il les avait même promis à la CEI. A la deuxième audition il a dit qu’on avait subtilisé les documents. Mais il a fini par dire qu’il avait fait ses déclarations sous l’effet de la peur. Pouvait-il en être autrement quand les chefs de section interrogés avaient préalablement défendu qu’ils détruisaient les plans de travail après usage ?

Les instruments qui ont servi au mensonge

La « permission » a été utilisée par Banagolo Yaro et Wampasba Nacoulma pour justifier leur absence. D’autres ont soutenu qu’ils n’avaient pas bougé de leur lieu de travail. Quant à Edmond Koama et Ousséni Yaro, ils ont préféré « rendre malade » leurs proches. Malheureusement, le chiffre 13 n’a pas porté bonheur à leurs parents qui tombent malades le jour où leur fonction leur exige de la présence au lieu de travail. Les appels téléphoniques et les maquis ont aidé Kafando et Koama à planifier leurs auditions. Nous disons bien « planifier » parce qu’il y avait toujours quelqu’un pour confirmer les appels et la présence dans un maquis. Coïncidence pour coïcidence, ils n’ont appelé que des amis ou compagnons d’armes. Les heures des rendez-vous correspondent aux heures de l’après-midi. Ce qui les évite d’avoir le don de l’ubuquité parce qu’ils ne pouvaient pas être à Sapouy et à Ouagadougou au même moment. Le drame de Sapouy se serait produit dans l’après-midi.

Des temoignages semblables dans l’affaire David Ouédraogo

Nos lecteurs ont-ils souvenance du faux procès-verbal rédigé par Semdé (paix à son âme) pour attester que David Ouédraogo a fait une déposition à la gendarmerie. Au jugement de cette affaire du 19 au 21 août 2000, nous avons vu défiler assez de militaires du RSP devant le Tribunal militaire de Ouagadougou. C’est pendant ce procès que des militaires ont témoigné qu’ils ont vu David Ouédraogo vers l’Ecole Nationale d’Administration et de la Magistrature avec un fusil dans une bâchée. Ce qui était la preuve qu’il voulait faire un coup d’Etat. C’est à ce procès que nous avons su qu’un militaire pouvait réquisitionner ses collègues pour l’enterrement de David Ouédraogo sans les connaître. C’est encore à ce procès qu’un Colonel médécin de l’Armée ne savait pas si son patient (David) avait subi de petits ou grands brûlés. Ces exemples où les militaires du RSP se sont illustrés par leurs témoignages montrent comment ceux qui étaient appelés devant la CEI pouvaient tourner en bourrique les commissaires. Nous demandons simplement aux Burkinabè de lire et de rélire le rapport de la CEI. Il y a de la matière. C’est une source intarissable des preuves contre les tueurs et les commanditaires. Le terme « suspects sérieux » a été un terme consensuel qui devait permettre aux commissaires Traoré et Somda d’accepter et de signer le document. Malgré tout, ils sont restés loyaux

Nabi Youssfou



28/12/2007
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