repères, Il y a des valeurs........

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9ème anniversaire du drame de Sapouy/Norbert Zongo est toujours une forte tête

9ème anniversaire du drame de Sapouy

Norbert Zongo est toujours une forte tête

 

Le Collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques et ses militants ont commémoré le 13 décembre 2007 le neuvième anniversaire du quadruple assassinat de Sapouy. Ils étaient nombreux ces Burkinabè sortis pour rendre hommage au journaliste Norbert Zongo et à ses trois compagnons d’infortune : Ernest Zongo (son frère), Ablassé Nikiéma (son chauffeur), Blaise Ilboudo (son employé). La mobilisation était au rendez-vous permettant de dire qu’elle a résisté au temps. Ce neuvième anniversaire laisse voir une autre dose d’espoir pourvu qu’elle ne s’arrête pas là. Le sort réservé à l’affaire Norbert Zongo et la situation nationale inquiétante continuent de révolter plus d’un Burkinabè.

 

Nous commémorons cet anniversaire au journal l’Indépendant avec une double tristesse. Celle pour le directeur fondateur du journal et celle de la disparition le 25 novembre dernier de Liermé Somé, directeur de publication. Le Collectif a reconnu à ce dernier son mérite en lui rendant un vibrant hommage à travers une minute de silence à la Place de la Nation. Nous percevons par tous ces gestes le poids de nos responsabilités à poursuivre le travail accompli par ces grands journalistes.

 

La reconnaissance annuelle d’un sacrifice

 

Les Burkinabè sont toujours sortis depuis le 15 décembre (premier mouvement de rue des étudiants) et le 16 décembre (jour de l’enterrement) parce qu’ils ont été touchés par les crimes abominables de Sapouy. Ils sont sortis par devoir. Les Burkinabè sortent pour la survie parce que cela aurait pu être chacun de nous. Ils sont sortis et sortent pour la vérité et la justice pour Norbert Zongo.

Nous étions au premier anniversaire le 13 décembre 1999. C’était 7 mois après le rapport de la Commission d’Enquête Indépendante (CEI), 5 mois après celui du Collège des Sages, 2 mois après les premiers abandons pour rejoindre le régime du Président Compaoré. La crise sociopolitique était à son summum. Tout accablait le régime Compaoré à travers son Régiment de sécurité présidentielle (RSP). Les prémisses d’éviter la voie judiciaire se présentaient au grand jour : banalisation des conclusions de la CEI par les autorités, le refus volontaire du Procureur Dramane Yaméogo d’ouvrir une information judiciaire sur cette affaire, accentuation de solutions politiques (gouvernement d’ouverture). Au premier anniversaire, le Collectif organisait une procession qui a démarré à la Bourse du Travail pour le cimetière de Gounghin. Il y avait autant de monde que le jour de l’enterrement. Cette procession fut calme à l’aller mais au retour une grande partie de manifestants composée d’élèves et d’étudiants a commencé à accélérer les pas. Leur objectif était d’aller réclamer la vérité et la justice aux les autorités de la IVème république qu’ils estimaient qu’une année c’était déjà trop. La foule était presqu’incontrolable. Il a fallu du tact aux premiers responsables pour faire asseoir les manifestants sur la voie vers la maternité de Gounghin. Ils ont avancé la raison selon laquelle des actes de vandalisme entraîneront leur arrestation donc une décapitation de la tête du Collectif. Les gens ont entendu raison et la procession a continué pour se terminer à la Bourse du Travail. Nous racontons tout cela parce que cet anniversaire a été l’un des plus difficile et mémorable. Nous nous demandons toujours que ce serait-il arrivé si cette foule descendait en ville ? Un carnage et ou la fin du régime Compaoré ? Quelques jours après cet anniversaire, le 27 décembre 1999 les dirigeants du Collectif accusés d’appel à la sédition seront traduits en justice. A l’occasion de l’anniversaire, ils avaient invité les forces de force de défense et de sécurité à ne pas servir les intérêts d’une minorité au détriment du peuple..

La commémoration du deuxième anniversaire le décembre 2000 a été aussi difficile parce qu’elle avait été interdite à la suite de l’assassinat de l’élève Flavien Nébié le 6 décembre 2000 au cours d’une manifestation scolaire à Boussé pour refuser l’invalidation de l’année universitaire.

Le neuvième anniversaire se tient dans un contexte toujours critique pour la justice burkinabè qui a prononcée un non-lieu dans le dossier Norbert Zongo le 18 juillet 2006. Tout cela suffisait pour décourager tous ces Burkinabè épris de justice mais ils étaient nombreux le 13 décembre 2006 mais encore en 2007.

 

En attendant le dixième anniversaire…

 

Le moins que l’on puisse dire est que les rangs du Collectif se sont encore renforcés davantage. Une présence toujours remarquable des étudiants, les portes flambeaux de cette lutte depuis le début. Des jeunes qui n’ont connu Norbert Zongo mais qui ont grandi dans la lutte contre l’impunité et entendent apporter leur pierre à l’édification d’une société burkinabè de justice, de liberté et de paix. La constance de la mobilisation à l’occasion du 13 décembre permet de dire que le journaliste Norbert Zongo a gardé sa forte tête.

Nous étions aussi le 15 octobre 2007 au cimetière de Dagnöen, il y avait une forte présence de jeunes (spectateurs ou non). C’est cet état de faits qui devrait inquiéter les autorités de la IVème république et tous ceux qui ne veulent pas que les dossiers pendants trouvent des issues judiciaires. Si cette jeunesse sort davantage en masse pour rendre hommage à Sankara et à Zongo et pour réclamer de meilleures conditions de vie c’est en cela nous parlons d’espoir dans la lutte. Ceux qui pensaient que la jeunesse n’avait besoin que plein de maquis et des concerts géants pour s’épanouir devraient repenser une autre formule pour endormir sa conscience.

Nous sommes contents d’entendre les premiers responsables du Collectif annoncer non seulement la tenue de la 5ème Assemblée générale nationale mais aussi le souhait d’un front pour continuer la lutte qu’il a entreprise depuis 9 ans.

Nul n’a besoin de dire qu’il y a des problèmes objectifs qui sont à même de fédérer toutes les forces progressistes et combattantes de ce pays.

Nous ne broyons pas le noir, la situation sociale, économique et politique est très inquiétante. Seul le gouvernement du président Compaoré ne la perçoit et la vit pas.

Nabi Youssfou



15/12/2007
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